À la COP17, le Tchad entend faire de la lutte contre la dégradation des terres une priorité au cœur des réponses internationales au changement climatique. Lors du segment de haut niveau organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) autour du thème « Restaurer les terres, l’espoir et la stabilité », le Secrétaire général du ministère de l’Environnement, Koularambaye Koundja Julien, représentant le ministre Hassan Bakhit Djamous, a porté un plaidoyer en faveur d’une action climatique davantage orientée vers les réalités des pays les plus vulnérables.
Au-delà des enjeux écologiques, la dégradation des terres constitue désormais, pour le Tchad, une question de stabilité sociale et de sécurité humaine. La désertification, la raréfaction des ressources naturelles et les effets croissants du dérèglement climatique fragilisent les moyens de subsistance des populations, accentuant les déplacements et les tensions entre communautés.
Dans son intervention, le responsable tchadien a insisté sur une réalité particulièrement visible dans les zones rurales : la dégradation des écosystèmes réduit progressivement les espaces productifs et intensifie la compétition autour de l’eau, des pâturages et des terres agricoles. Dans un tel contexte, les changements environnementaux peuvent devenir des facteurs aggravants des migrations et des conflits intercommunautaires.
Cette situation place les pays sahéliens devant un double défi : restaurer les terres dégradées tout en renforçant la résilience des communautés qui en dépendent directement.
Le Tchad, a rappelé Koularambaye Koundja Julien, figure parmi les pays fortement exposés aux conséquences du changement climatique alors même que sa contribution aux émissions mondiales reste limitée. D’où son appel à une solidarité internationale qui ne se limite pas aux déclarations, mais se traduise par des ressources financières accessibles, durables et prévisibles.
Pour N’Djamena, la restauration des terres ne doit donc plus être considérée comme une simple politique environnementale. Elle doit également devenir un instrument de prévention des crises, de consolidation de la paix et de développement local.
Trois orientations ont été mises en avant. La première consiste à inscrire la restauration des terres au cœur des politiques publiques de développement et de sécurité. La deuxième appelle à mieux intégrer les facteurs environnementaux dans les dispositifs de prévention des conflits et de gestion des migrations. La troisième repose sur une implication accrue des populations locales dans les projets de restauration des écosystèmes.
Agriculteurs, éleveurs, jeunes et communautés rurales doivent ainsi être placés au centre des stratégies d’adaptation. Leur connaissance des territoires et leur expérience des transformations environnementales constituent des atouts essentiels pour concevoir des solutions adaptées aux réalités locales.
À travers cette intervention, le Tchad cherche à rappeler que la crise climatique ne se mesure pas uniquement en degrés supplémentaires ou en émissions de gaz à effet de serre. Elle se traduit aussi par la perte de terres fertiles, la fragilisation des moyens de subsistance, les déplacements de populations et la multiplication des tensions autour des ressources.
Le message porté à la COP17 est donc clair : restaurer les terres, c’est aussi préserver les communautés et réduire les facteurs de vulnérabilité.
« Restaurer, c’est restaurer la dignité et le choix pour les populations », a souligné le Secrétaire général du ministère de l’Environnement.
À travers ce plaidoyer, le Tchad appelle ainsi les partenaires internationaux à transformer les engagements climatiques en actions concrètes sur le terrain, afin que la restauration des terres devienne un véritable levier de résilience, de paix et d’espoir pour les populations les plus exposées.
MBAÏLEDE Trésor
