À N’Djamena, la lutte contre la corruption s’invite au cœur d’un échange technique entre l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) et le Fonds monétaire international (FMI). Réunis jeudi 1er octobre autour du Contrôleur général de l’AILC, Nédéou Teubdoyo Gérard, et d’une délégation du FMI conduite par Pierre Kerjean, les deux parties ont examiné les forces, les défis et les vulnérabilités du dispositif tchadien de prévention et de lutte contre la corruption.
Cette rencontre intervient dans le cadre d’un diagnostic de gouvernance engagé par le FMI. L’objectif est d’identifier les principaux risques susceptibles d’affecter l’efficacité des politiques anticorruption et de dégager des pistes d’amélioration susceptibles d’alimenter les recommandations adressées au Gouvernement.
Au centre des discussions : la stratégie nationale de lutte contre la corruption, les mécanismes institutionnels existants et les résultats enregistrés par l’AILC. La délégation du FMI s’est également intéressée aux procédures d’investigation et d’enquête, à la cartographie des risques de corruption ainsi qu’aux difficultés auxquelles l’institution est confrontée dans l’exercice de ses missions.
Le cadre juridique n’a pas été laissé de côté. Les échanges ont permis d’examiner les textes en vigueur et d’identifier les éventuelles marges de renforcement susceptibles de donner davantage d’efficacité aux instruments de prévention, de détection et de traitement des pratiques corruptives.
Face aux préoccupations soulevées par la mission du FMI, le Contrôleur général et ses collaborateurs ont présenté les mécanismes opérationnels de l’AILC, les résultats obtenus ainsi que les contraintes rencontrées sur le terrain. Une occasion également de mettre en lumière les efforts engagés pour renforcer la prévention et promouvoir davantage de transparence dans la gestion publique.
Au-delà d’un simple échange institutionnel, cette rencontre constitue un exercice d’évaluation des dispositifs de gouvernance. Elle place notamment l’efficacité des mécanismes anticorruption, la solidité du cadre juridique et la maîtrise des risques au centre des discussions sur l’amélioration de la gouvernance au Tchad.
À l’issue des travaux, la délégation du FMI a fait part de sa satisfaction quant aux éléments de réponse apportés par l’AILC. Les conclusions issues de ce diagnostic devraient contribuer à nourrir la réflexion sur les moyens de consolider les mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption.
Pour l’AILC, l’enjeu est désormais de transformer les acquis et les recommandations en leviers d’action capables de renforcer durablement la transparence, la redevabilité et l’efficacité de la gouvernance publique.
MBAÏLEDE Trésor
