À trois jours du scrutin présidentiel du 25 octobre, le climat politique ivoirien s’est de nouveau tendu après la sortie médiatique de l’ancien chef de l’État, Laurent Gbagbo. Dans un entretien accordé à AFO Media, le fondateur du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a qualifié l’élection à venir de “coup d’État civil”, estimant que le pouvoir en place a verrouillé le jeu électoral.
« Ce qui va se faire le 25 octobre, ce n’est pas une élection, c’est un braquage électoral », a-t-il lancé, accusant les autorités d’avoir écarté les principaux candidats susceptibles de contester le président sortant Alassane Ouattara.
L’ancien président, dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel, dénonce une décision purement politique. Condamné dans l’affaire dite du braquage de la BCEAO, Laurent Gbagbo affirme que cette affaire n’a jamais fait l’objet d’une plainte de la part de la Banque centrale. Il estime que cette condamnation sert avant tout à l’empêcher de participer à la course présidentielle.
À 80 ans, l’ex-chef d’État, au pouvoir de 2000 à 2011, a annoncé qu’il se retire de la vie politique active, tout en précisant qu’il ne quitte pas complètement le débat public.
« Je ne serai pas candidat à la prochaine présidentielle. J’ai assez donné », a-t-il déclaré.
Cette annonce marque une nouvelle étape dans le parcours d’un homme politique qui aura profondément marqué l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, entre luttes de pouvoir, crise postélectorale et réconciliation nationale inachevée.
Laurent Gbagbo a également exclu toute alliance avec les autres forces de l’opposition, refusant de donner une consigne de vote à ses partisans. « Aucun des candidats ne mérite notre soutien », a-t-il tranché. Une position qui, selon plusieurs analystes politiques, témoigne à la fois de sa défiance envers le jeu électoral actuel et de son influence persistante sur une partie de l’électorat.
Alors que la Commission électorale indépendante (CEI) affirme que tout est prêt pour un scrutin libre et transparent, les déclarations de l’ancien président viennent relancer le débat sur la légitimité du processus électoral. Dans un pays encore marqué par les cicatrices de la crise de 2010-2011, les propos de Gbagbo ravivent les inquiétudes quant à la stabilité politique à la veille d’une élection décisive.
La Rédaction
