Dans un communiqué rendu public ce 25 mai 2026 à N’Djaména, une annonce d’importance stratégique est venue raviver les dynamiques de coopération entre le Tchad et la France dans le secteur agricole. Il s’agit de la relance officielle du Projet de Développement Économique du Bassin Cotonnier du Tchad (DEBACO), une initiative structurante portée conjointement par Kéda Ballah et Éric Gérard, et qui marque un retour affirmé de la France aux côtés du monde cotonnier tchadien après plusieurs années d’ajustement de son engagement dans la filière.
Doté d’un financement de 14 millions d’euros assuré par l’Agence Française de Développement, DEBACO dépasse la simple logique d’un programme sectoriel. Il s’inscrit dans une vision plus large de transformation structurelle du monde rural, avec l’ambition de bâtir une agriculture plus résiliente, inclusive et diversifiée, capable de générer des impacts durables sur les conditions de vie de millions de producteurs. Si le coton demeure au cœur de l’économie du bassin, le projet assume désormais une approche élargie, intégrant pleinement les cultures vivrières telles que le sorgho, le maïs, le niébé ou encore l’arachide, essentielles à la sécurité alimentaire des ménages ruraux.
Cette orientation marque un changement de paradigme dans l’approche du développement agricole, en considérant le territoire dans son ensemble plutôt qu’une filière isolée. DEBACO entend ainsi accompagner simultanément la production de fibres et celle des denrées alimentaires de base, dans une logique d’équilibre entre revenus agricoles et souveraineté alimentaire.
Sur le terrain, les ambitions affichées se traduiront par des interventions concrètes et ciblées. Le projet prévoit notamment la restauration des terres dégradées, un enjeu critique dans un contexte de pression environnementale croissante et de baisse de fertilité des sols. Il vise également la création d’emplois durables, en particulier pour les jeunes et les femmes des zones rurales, souvent les plus exposés à la précarité économique. Le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des producteurs constitue un autre pilier central, afin de favoriser une meilleure structuration des acteurs locaux et une plus grande autonomie des exploitations. À terme, ces efforts combinés devraient contribuer à une amélioration significative des rendements agricoles et des revenus des communautés.
Ce nouveau cycle de coopération s’inscrit dans la continuité des engagements antérieurs entre les deux pays, notamment le Fonds de soutien au secteur cotonnier mis en place en 2023, doté de 3,4 millions d’euros dans le cadre de la dernière signature budgétaire bilatérale. Cette continuité confirme la solidité du partenariat franco-tchadien, construit sur des décennies d’accompagnement du développement agricole.
À travers l’AFD, la France réaffirme ainsi sa volonté d’accompagner les institutions tchadiennes et les communautés rurales dans la transformation d’un secteur stratégique pour l’économie nationale. Au-delà des chiffres et des instruments financiers, DEBACO apparaît comme un signal politique fort, celui d’un engagement renouvelé et assumé.
Dans un contexte où les enjeux climatiques, économiques et sociaux se conjuguent avec une intensité croissante, ce projet se veut aussi un symbole d’avenir. Il repose sur une conviction simple mais essentielle : la transformation durable du bassin cotonnier ne pourra réussir qu’en s’appuyant sur celles et ceux qui le font vivre au quotidien, dans les champs, les villages et les organisations locales. DEBACO s’affirme ainsi comme une initiative de coopération internationale à la fois pragmatique, structurante et résolument tournée vers l’humain.
MBAÏLEDE Trésor
