L’Assemblée nationale a donné un nouveau visage au dispositif institutionnel de la défense. Réunis ce mercredi 16 septembre 2026 au Palais de la Démocratie de Gassi, les députés ont adopté à l’unanimité deux projets de loi consacrés à la réorganisation et à la modernisation des structures militaires. À travers ces textes, la représentation nationale entérine à la fois la création du Musée national des Armées et la disparition de l’Office du Génie militaire et de la Production (OGMIP).
Présidée par le président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, la séance plénière s’est tenue en présence du ministre des Armées, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, le général Issakha Malloua Djamous, ainsi que de la ministre secrétaire générale du Gouvernement, Dr Ramatou Mahamat Houtouin.
Le premier texte soumis au vote porte sur la ratification de l’Ordonnance n°002/PR/2026, instituant le Musée national des Armées. Le second concerne la ratification de l’Ordonnance n°003/PR/2026 du 17 août 2026, portant abrogation du dispositif juridique ayant créé l’Office du Génie militaire et de la Production.
En défendant le projet relatif au Musée national des Armées, le ministre des Armées a insisté sur la nécessité de préserver et de transmettre l’histoire militaire du pays.
« Une nation qui oublie son histoire s’expose à perdre son identité », a-t-il déclaré devant les députés.
Au-delà de la conservation des objets et documents liés à l’histoire militaire, le futur musée est présenté comme un espace de mémoire, de transmission et d’éducation patriotique. Il devrait notamment retracer les différentes étapes de l’histoire des forces armées tchadiennes, de la période coloniale aux engagements contemporains des forces de défense, notamment dans la protection du territoire et les opérations de maintien de la paix.
Cette orientation inscrit ainsi la mémoire militaire dans une démarche institutionnelle destinée à rapprocher histoire, transmission et formation citoyenne.
L’autre décision majeure concerne l’Office du Génie militaire et de la Production. Créé par l’Ordonnance n°006/PCMT/2022, l’office est désormais appelé à disparaître du paysage juridique après l’adoption de la loi portant ratification de l’ordonnance d’abrogation.
Pour le ministre des Armées, cette évolution répond à une volonté de rationaliser l’organisation du secteur et d’adapter les structures militaires aux nouvelles exigences opérationnelles.
« Dans un environnement sécuritaire en constante évolution, nous devons doter nos forces d’une organisation plus cohérente et plus performante », a-t-il expliqué.
L’abrogation de l’office ne signifie toutefois pas, selon les explications présentées aux parlementaires, l’abandon des missions qui lui étaient attribuées. Celles-ci doivent être redynamisées et intégrées au sein d’une structure jugée plus opérationnelle.
À l’issue des débats, les deux projets de loi ont obtenu un vote unanime de la représentation nationale : 135 voix pour, zéro contre et zéro abstention.
Ce double vote intervient à l’ouverture de la deuxième Session ordinaire de l’Assemblée nationale pour l’année 2026. Il place ainsi les questions de défense, d’organisation militaire et de mémoire nationale parmi les premiers dossiers examinés par les députés.
Avec la ratification de ces deux ordonnances, le Parlement franchit une nouvelle étape dans l’évolution du cadre juridique du secteur de la défense. D’un côté, une institution consacrée à la mémoire et à la transmission de l’histoire militaire ; de l’autre, la suppression d’un office dont les missions doivent désormais être réorganisées.
Au Palais de la Démocratie de Gassi, la rentrée parlementaire démarre donc sur des textes qui touchent directement à l’architecture institutionnelle de la défense. Le chantier législatif se poursuit désormais avec l’examen des autres dossiers inscrits à l’ordre du jour de cette session.
MBAÏLEDE Trésor
