La rareté des pluies et les inquiétudes autour de la prochaine campagne agricole placent la sécurité alimentaire au cœur des préoccupations. Dans ce contexte, l’Union nationale des commerçants du Mouvement patriotique du salut (UNC-MPS) salue la visite surprise effectuée, le 15 septembre 2026, par le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, dans les entrepôts de l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA).
La scène se veut autant symbolique qu’opérationnelle. En se rendant directement dans les magasins de l’ONASA pour s’enquérir du niveau des stocks céréaliers, le chef de l’État a voulu, selon l’UNC-MPS, apprécier concrètement la capacité du pays à faire face aux éventuelles conséquences d’une saison agricole difficile.
Pour l’organisation des commerçants, cette démarche intervient à un moment où le déficit pluviométrique fait peser des incertitudes sur les récoltes et les pâturages. Elle traduit surtout la nécessité de ne pas attendre l’installation d’une crise pour agir.
Au lendemain de cette visite, l’UNC-MPS reprend à son compte l’appel à l’anticipation lancé par le chef de l’État. Dans son communiqué, l’organisation souligne l’importance de renforcer les réserves alimentaires, de réguler les marchés et de préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Le message adressé au gouvernement est donc accompagné d’un autre, directement destiné aux acteurs du secteur privé : commerçants, importateurs, distributeurs et transporteurs.
Tous sont appelés à contribuer à la stabilité du marché dans une période où une éventuelle baisse de la production pourrait accentuer les tensions sur l’approvisionnement et les prix.
L’UNC-MPS durcit le ton lorsqu’elle interpelle ses membres. L’organisation estime que la situation exige davantage que la seule recherche du profit et appelle les opérateurs économiques à faire preuve de responsabilité et de solidarité.
Elle leur demande notamment de ne pas tirer avantage des difficultés que pourraient rencontrer les populations en cas de tensions sur les denrées alimentaires.
Cette prise de position place ainsi les commerçants au centre du dispositif de prévention. Pour l’UNC-MPS, leur responsabilité ne se limite pas à assurer l’approvisionnement des marchés : ils doivent également participer à la préservation de leur stabilité.
Derrière la question des stocks céréaliers se profile un autre enjeu majeur : le coût de la vie. Une diminution de l’offre agricole, combinée à d’éventuelles difficultés d’approvisionnement, pourrait affecter les ménages les plus vulnérables.
C’est pourquoi l’UNC-MPS insiste sur la nécessité de conjuguer constitution de réserves, régulation des marchés et mesures commerciales et fiscales adaptées.
L’organisation réaffirme par ailleurs son soutien aux orientations annoncées à l’issue de la visite présidentielle et assure que les opérateurs économiques doivent rester mobilisés aux côtés de la Nation dans les périodes difficiles.
Au-delà du soutien exprimé au chef de l’État, le communiqué de l’UNC-MPS traduit surtout une volonté d’alerter sur les risques liés à la saison agricole en cours. Le défi, désormais, consiste à transformer les annonces d’anticipation en mesures concrètes capables de sécuriser l’approvisionnement et de limiter les pressions sur les ménages.
Dans ce contexte, l’appel de l’UNC-MPS se résume en une formule forte : face à une éventuelle crise alimentaire, la stabilité du pays dépendra aussi du comportement de ceux qui approvisionnent ses marchés.
L’organisation invite ainsi l’ensemble des acteurs économiques à placer l’intérêt général au-dessus des considérations individuelles, estimant que la réponse à une éventuelle crise alimentaire ne pourra être efficace que si les responsabilités sont assumées à tous les niveaux.
MBAÏLEDE Trésor
