Face aux soupçons persistants entourant les travaux de construction des digues dans le 9ᵉ arrondissement de la capitale tchadienne, la société Anda Groupe est sortie de son silence. Lors d’un point de presse tenu le lundi 15 décembre, ses conseils juridiques ont apporté des clarifications et appelé, « en toute humilité », à la désignation d’un cabinet agréé pour la réalisation d’un audit technique indépendant et impartial des ouvrages, aujourd’hui exécutés à près de 95 %.
Cette rencontre avec les médias visait à répondre aux rumeurs et accusations relayées dans l’opinion publique concernant le marché de construction de la digue de Walia. Les avocats de l’entreprise, Me Crossus Kodjimadji Dingamnayel et Me Jérémie Da Allah-Asna, ont dénoncé des interprétations jugées erronées et affirmé la conformité des travaux réalisés.
Selon le Conseil juridique, le montant global du marché, estimé à 17 428 232 357 FCFA hors taxes, est pleinement justifié. Sur ce total, 4,8 kilomètres de digues ont été effectivement réalisés à la suite d’une réorientation du tracé, pour un coût de 5 620 114 750 FCFA. Une modification rendue nécessaire, expliquent les responsables techniques, par l’urgence de la situation : plusieurs ménages riverains étaient exposés à un risque imminent d’inondation.
« Il fallait agir rapidement pour protéger des vies humaines et des biens », ont-ils souligné. Les travaux ont ainsi été redéployés vers les zones les plus vulnérables, notamment le long du fleuve Chari jusqu’à Karwaï, sur l’emprise d’anciennes digues détruites lors des crues dévastatrices de 2022.
Les avocats ont rappelé que ce projet s’inscrit dans le cadre des mesures d’urgence décidées par les autorités après les inondations de 2022, qui avaient durement touché les populations riveraines. Dans ce contexte, Anda Groupe avait été retenue en 2023, par procédure dérogatoire, pour l’exécution du marché n°74, d’un montant d’environ 17,5 milliards de FCFA hors taxes, avec un délai contractuel de trois mois.
La défense a également précisé que l’entreprise a démarré les travaux sans percevoir d’avance de démarrage, celle-ci n’ayant été versée qu’après l’expiration du délai contractuel. À ce jour, 28,6 kilomètres de digues ont été réalisés sur les 30 initialement prévus. Les 5 % restants seraient dus aux retards de paiement, le dernier décaissement, effectué de manière fractionnée, remontant à avril 2025, ce qui aurait entraîné l’arrêt du chantier.
Réfutant catégoriquement les accusations de trop-perçu, évaluées à plus de 5,6 milliards de FCFA, les conseils d’Anda Groupe estiment que la réorientation du tracé, réalisée sous la supervision du bureau de contrôle compétent, ne saurait constituer une irrégularité financière.
Soucieuse de transparence et de crédibilité, la société appelle désormais les plus hautes autorités à mandater un cabinet d’expertise indépendant afin de procéder à un audit technique approfondi. Objectif : lever toute ambiguïté, établir la réalité des faits et démontrer, documents à l’appui, l’absence de toute irrégularité.
À travers cette démarche, Anda Groupe réaffirme son engagement à agir dans le respect de l’éthique professionnelle et de la transparence, tout en contribuant à la protection des populations et au développement durable des zones concernées.
La Rédaction



Laisser un commentaire