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Données personnelles et gouvernance numérique : le Tchad face au défi de l’application de ses textes

À l’heure où le numérique s’impose dans tous les secteurs de la société, la protection des données personnelles devient un enjeu majeur. Au Tchad, la question de l’application effective des textes encadrant l’espace numérique reste au cœur des préoccupations. C’est dans ce contexte que s’ouvre ce mercredi 30 septembre 2026, dans les locaux de l’hôpital Soluxe, un atelier consacré aux politiques numériques.

Organisée par Paradigme Initiative, en partenariat avec ACSIS-Tchad, cette rencontre, prévue du 30 septembre au 1er octobre 2026, réunit plusieurs parties prenantes autour d’une même préoccupation : renforcer la compréhension et la mise en œuvre du cadre juridique et institutionnel du numérique au Tchad.

Pendant deux jours, les échanges portent notamment sur la protection des données à caractère personnel, la gouvernance numérique et la lutte contre la cybercriminalité. Au-delà des textes existants, les participants sont appelés à réfléchir aux mécanismes permettant de transformer les dispositions juridiques en pratiques concrètes.

À l’ouverture des travaux, Moussa Waly Sené, Program Officer chargé des programmes et expert animateur, a insisté sur la nécessité de sensibiliser davantage les acteurs sur la valeur et la protection des données personnelles.

Selon lui, l’atelier vise notamment à mettre en lumière deux instruments législatifs importants dans l’environnement numérique tchadien : la législation relative à la cybercriminalité et celle portant sur la protection des données à caractère personnel.

L’enjeu n’est donc pas uniquement de connaître les textes, mais de favoriser leur appropriation et leur application. « Tous les acteurs sont concernés », souligne Tidjani, appelant les participants à faire émerger des recommandations susceptibles de contribuer à une meilleure mise en œuvre de l’arsenal juridique existant.

Autre point central des discussions : la Convention de Malabo, instrument africain consacré notamment à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel. Le Tchad figure parmi les premiers États à l’avoir ratifiée, mais la question de son applicabilité demeure un défi.

Les échanges doivent ainsi permettre de rapprocher les engagements internationaux du pays des réalités de son dispositif juridique national. L’objectif est d’identifier les obstacles à l’application effective des textes et de dégager des pistes d’action adaptées au contexte tchadien.

Pour les organisateurs, cette rencontre se veut avant tout un espace de dialogue. Il ne s’agit pas seulement d’enchaîner les exposés, mais de permettre aux différents acteurs de confronter leurs expériences, de poser les difficultés rencontrées et de formuler des propositions concrètes.

Le formateur a d’ailleurs invité les participants à privilégier une atmosphère ouverte et décontractée, afin de faciliter les interventions et de faire émerger des recommandations réellement opérationnelles.

Au terme des deux jours de travaux, les organisateurs espèrent ainsi voir se dégager des recommandations permettant de mieux protéger les données personnelles, renforcer la gouvernance numérique et surtout favoriser l’application effective des instruments juridiques dont dispose déjà le Tchad.

Dans un pays où les usages numériques progressent rapidement, le défi n’est désormais plus seulement de disposer de textes. Il consiste aussi à faire en sorte que ces textes deviennent des outils réellement appliqués au service des citoyens, des institutions et de la sécurité de l’espace numérique national.

MBAÏLEDE Trésor

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