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Dr Ali Abderamane Haggar appelle à un geste de clémence présidentielle : un plaidoyer pour la paix politique et sociale

À l’occasion de la présentation des vœux pour la nouvelle année, l’enseignant-chercheur et ancien conseiller à la Présidence, Dr Ali Abderamane Haggar, a pris la parole pour lancer un appel public rare et particulièrement remarqué : celui de la clémence politique. Dans un contexte national encore observé avec attention par les analystes et partenaires du Tchad, sa déclaration a résonné comme un plaidoyer fort en faveur de l’apaisement.

S’adressant directement au chef de l’État, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Dr Haggar a invité ce dernier à user pleinement de sa prérogative présidentielle en matière d’amnistie. Selon lui, l’année 2026 devrait s’ouvrir sur une série de mesures de pardon capables de favoriser la réconciliation et la stabilité.

Dans une interview accordée à nos confrères de Tchad24, l’ancien conseiller présidentiel a de nouveau insisté sur la nécessité de libérer certains détenus, estimant que le pays demeure « encore fragile après de nombreuses épreuves ». Sans nommer de cas précis, il a plaidé pour un geste symbolique mais décisif, à même de retisser la confiance entre l’État et une partie de la population.

Son propos, mesuré mais ferme, s’inscrit dans une vision de long terme. Pour Dr Haggar, la clémence n’est pas synonyme de faiblesse, mais bien d’intelligence politique.

« Le pardon est une force, la clémence est une force. Les muscles n’ont jamais été à la hauteur du cerveau », a-t-il déclaré, rappelant que les Tchadiens attendent du chef de l’État des décisions courageuses dans le domaine de la justice politique.

Au-delà de l’appel au maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, l’ancien conseiller a également adressé un avertissement clair à ceux qui gravitent autour de la Présidence. Sans accuser directement, il a exhorté l’entourage du chef de l’État à éviter toute pression ou calcul partisan susceptible de restreindre la marge de décision présidentielle.

Selon lui, le moment impose que le président puisse agir « dans l’intérêt supérieur du Tchad », libre de toute influence qui pourrait contrarier les impératifs de paix.

Les propos de Dr Haggar interviennent alors que le Tchad continue de chercher un chemin vers la stabilité institutionnelle et sociale après une décennie marquée par les tensions politiques, des transitions délicates et plusieurs épisodes de violence. Son appel pourrait relancer le débat sur la place du pardon d’État dans la consolidation nationale.

Reste désormais à savoir si le chef de l’État répondra à cette invitation à la clémence, un geste qui, selon Dr Haggar, pourrait devenir un marqueur fort de leadership et un signal d’ouverture à l’ensemble du pays.

La Rédaction

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