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Droit d’asile au Tchad : l’ENA ouvre le débat sur les défis d’une politique humanitaire en pleine évolution

L’École Nationale d’Administration (ENA) a consacré, ce vendredi 24 juillet 2026, l’un de ses grands rendez-vous académiques à une réflexion sur le droit d’asile au Tchad. Animée par Antony Akumu Abogi, Représentant adjoint du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) au Tchad, cette conférence-débat a permis d’explorer les fondements juridiques et les perspectives d’application de la législation nationale en matière d’asile.

Placée sous le thème « La loi d’asile et ses instruments réglementaires : cas du Tchad », la rencontre a mis en lumière les principes qui régissent la protection internationale des réfugiés. Le conférencier a rappelé que la Convention de Genève de 1951 demeure la pierre angulaire du droit international des réfugiés, garantissant une protection aux personnes contraintes de fuir leur pays en raison de persécutions, de conflits armés ou de graves violations de leurs droits.

L’intervention a également permis de revenir sur les progrès accomplis par le Tchad ces dernières années. L’adoption de la loi portant droit d’asile en 2020, suivie de son décret d’application en 2023, a consolidé le dispositif juridique national et renforcé les mécanismes de protection des demandeurs d’asile et des réfugiés, tout en clarifiant les responsabilités des institutions concernées.

Face à une pression migratoire croissante, le Tchad s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux pays d’accueil de réfugiés en Afrique. Plus de 1,5 million de réfugiés et de demandeurs d’asile, majoritairement originaires du Soudan, de la République centrafricaine, du Nigéria et d’autres États voisins, vivent actuellement sur le territoire tchadien. Une réalité qui, selon Antony Akumu Abogi, témoigne de l’engagement historique du pays et de la solidarité de ses populations envers les personnes déplacées.

Au-delà du cadre légal, plusieurs acquis ont été mis en avant, notamment la protection contre le refoulement, la délivrance de documents d’identité, l’accès aux services de santé, à l’éducation ainsi qu’aux activités génératrices de revenus. Autant de mesures destinées à favoriser l’inclusion et l’autonomie des réfugiés dans les communautés d’accueil.

Le représentant du HCR n’a toutefois pas éludé les difficultés auxquelles le système reste confronté. Il a évoqué la nécessité de mieux faire connaître la législation nationale, de renforcer les capacités administratives face à l’afflux continu de réfugiés et de lever les obstacles qui freinent encore leur intégration socio-économique, notamment en matière de reconnaissance de certains documents administratifs.

Les échanges nourris entre le conférencier, les élèves de l’ENA et les participants ont clôturé cette rencontre, illustrant l’intérêt croissant des futurs cadres de l’administration publique pour les questions liées à la gouvernance migratoire et à la protection des personnes vulnérables. Cette conférence confirme ainsi la volonté de l’ENA d’alimenter le débat sur des enjeux stratégiques qui façonnent les politiques publiques du Tchad.

MBAÏLEDE Trésor

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