Le bras de fer entre les enseignants et les autorités publiques pourrait se poursuivre. La section de N’Djaména du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) a exprimé son rejet des mesures de revalorisation financière annoncées par le gouvernement, estimant que les montants proposés restent largement en deçà des attentes du corps enseignant.
Au cœur de la contestation, deux mesures annoncées pour les prochaines années : une augmentation de 10 000 francs CFA de la prime de craie à partir de 2027, ainsi qu’une revalorisation de 5 000 francs CFA de l’indemnité de documentation en 2028. Pour le SET de N’Djaména, ces hausses sont jugées trop faibles pour répondre aux difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants.
Au-delà des primes, le syndicat place au centre de ses revendications l’application intégrale du décret n°2850. Pour les représentants des enseignants, ce texte constitue un engagement qui doit être pleinement respecté par les autorités.
Le SET estime ainsi que les annonces financières ne sauraient se substituer à la mise en œuvre effective des dispositions prévues par le décret. Le syndicat appelle donc le gouvernement à donner des réponses concrètes aux revendications professionnelles des enseignants plutôt qu’à privilégier des mesures jugées limitées.
Autre point de tension : la question du demi-salaire du mois de février. La section de N’Djaména du SET réclame le remboursement des sommes retenues sur les rémunérations des enseignants concernés.
Cette revendication vient renforcer le climat de mécontentement au sein du corps enseignant, qui entend obtenir des engagements précis sur l’amélioration de ses conditions financières et professionnelles.
En rejetant les revalorisations annoncées, le SET de N’Djaména entend maintenir la pression sur le gouvernement et remettre les revendications des enseignants au centre du débat sur l’éducation.
La question reste désormais de savoir si les autorités accepteront de revoir leur proposition afin de parvenir à un compromis avec les organisations syndicales. Dans un secteur aussi stratégique que l’éducation, la capacité des deux parties à renouer le dialogue sera déterminante pour préserver la stabilité du système scolaire et éviter que les tensions sociales ne viennent perturber davantage le fonctionnement des établissements.
Pour le SET, le message est clair : les enseignants attendent davantage que des hausses jugées symboliques ; ils réclament l’exécution des engagements pris et la régularisation des sommes qu’ils estiment leur être dues.
MBAÏLEDE Trésor
