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États-Unis : l’Afrique en première ligne face au durcissement des interdictions de voyage

L’annonce a résonné comme une déflagration sur le continent africain. L’administration de Donald Trump a décidé d’élargir drastiquement la liste des pays soumis à une interdiction de voyager vers les États-Unis, la faisant passer de 19 à 39 États. Une mesure qui, selon Washington, entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Et dans cette nouvelle cartographie des frontières fermées, l’Afrique apparaît comme la principale cible.

Parmi les pays frappés par une interdiction totale figurent le Burkina Faso, le Mali, la Libye, le Soudan du Sud, le Niger, le Tchad, le Soudan, la Somalie, le Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée et la Sierra Leone. Pour leurs ressortissants, plus aucun visa ne serait délivré, quel qu’en soit le motif : études, affaires, tourisme ou regroupement familial.

À Washington, l’argument est rodé : sécurité nationale, insuffisances dans les systèmes d’identification, faiblesse de la coopération migratoire. Mais sur le continent africain, ces justifications peinent à masquer un sentiment largement partagé de mise à l’écart.

Dans plusieurs capitales africaines, la réaction a été immédiate. Diplomates, chercheurs et acteurs de la société civile dénoncent une mesure jugée discriminatoire, qui assimile des États entiers à des risques sécuritaires permanents.

Les conséquences pourraient être lourdes pour les échanges universitaires et scientifiques. Étudiants, chercheurs et cadres qualifiés voient se refermer l’une des principales portes d’accès à la formation et aux opportunités internationales, au moment même où plusieurs pays africains cherchent à renforcer leurs partenariats avec les États-Unis.

Au-delà du symbole politique, l’impact humain s’annonce profond. Des milliers de familles binationales redoutent des séparations prolongées. Les diasporas africaines, très présentes aux États-Unis, craignent un ralentissement des mobilités et des transferts financiers, essentiels pour de nombreuses économies locales.

À l’approche de l’échéance de 2026, plusieurs États concernés envisagent des démarches diplomatiques, voire des recours juridiques, dans l’espoir d’obtenir des exemptions ou un assouplissement des mesures. Reste à savoir si Washington acceptera de revoir sa copie.

Une chose est certaine : cette décision relance avec force le débat sur la place de l’Afrique dans les politiques migratoires occidentales, et sur la frontière ténue entre impératifs sécuritaires et respect des droits humains.

La Rédaction

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