N’Djamena a conclu, jeudi 16 juillet, le premier Forum africain de l’eau sur une note d’espoir et d’ambition. Après deux jours de débats de haut niveau, les États africains, les institutions financières et les partenaires au développement ont quitté la capitale tchadienne avec une feuille de route commune, de nouveaux engagements financiers et une volonté affichée d’accélérer les investissements dans le secteur de l’eau.
Présidée par le Premier ministre Allah-Maye Halina, représentant le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, la cérémonie de clôture a marqué l’aboutissement d’un rendez-vous continental placé sous le thème « De la vision à l’action », un slogan qui a trouvé un écho particulier dans les conclusions des travaux.
Durant les différentes sessions, experts, responsables gouvernementaux, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants d’organisations internationales ont dressé un constat partagé : face à la pression du changement climatique, à la croissance démographique et aux besoins croissants en infrastructures hydrauliques, l’Afrique doit désormais accélérer la mise en œuvre de solutions durables pour garantir l’accès à l’eau potable, améliorer l’assainissement et renforcer la résilience des populations.
L’un des temps forts de cette rencontre a été l’adoption de la Déclaration de N’Djamena, un document qui réaffirme la volonté des États africains de faire de la sécurité hydrique un moteur du développement économique, de la stabilité sociale et de la résilience climatique. Les participants ont insisté sur l’urgence de transformer les engagements politiques en réalisations concrètes capables d’améliorer durablement les conditions de vie des citoyens.
Le forum aura également été bénéfique pour le pays hôte. En marge des travaux, le Tchad a officialisé son Pacte national de l’eau, un cadre stratégique destiné à accélérer les réformes et les investissements dans le secteur hydraulique. Cette dynamique s’est accompagnée d’annonces financières importantes, notamment un financement de 160 millions de dollars destiné à renforcer la sécurité hydrique et la résilience climatique, ainsi qu’un don américain de 50 millions de dollars pour soutenir l’agriculture durable et consolider la sécurité alimentaire.
Dans son discours de clôture, le Premier ministre Allah-Maye Halina a souligné que le succès du forum ne se mesurerait pas aux déclarations adoptées, mais à leur traduction en projets concrets sur le terrain. Il a réaffirmé la détermination du Tchad à poursuivre son engagement aux côtés des autres pays africains afin de promouvoir une gouvernance durable des ressources en eau et de renforcer la coopération continentale.
Le représentant Résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Mollah Banna, a, pour sa part, appelé l’ensemble des partenaires à maintenir la dynamique née à N’Djamena. Selon lui, les engagements pris doivent désormais se transformer en investissements, en infrastructures et en résultats tangibles pour les millions d’Africains confrontés aux défis de l’accès à l’eau.
Au-delà des résolutions adoptées, cette première édition du Forum africain de l’eau aura permis au Tchad de s’imposer comme un acteur majeur des discussions continentales sur la sécurité hydrique. La prochaine étape est déjà fixée : les engagements scellés à N’Djamena seront évalués lors du Forum des Nations unies sur l’eau, prévu en décembre 2026 à Abu Dhabi, où les États africains devront démontrer les progrès accomplis dans la concrétisation de leurs promesses.
MBAÏLEDE Trésor
