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Frappes au Tchad : le Soudan dément toute implication de son armée et réclame une enquête indépendante

Accusé d’avoir mené des frappes sur le territoire tchadien, Khartoum réfute catégoriquement toute implication de ses forces armées et appelle à l’ouverture d’une enquête « professionnelle et indépendante » afin de déterminer les responsabilités.

Dans un communiqué rendu public jeudi 27 août, le ministère soudanais des Affaires étrangères affirme que le Soudan demeure attaché au respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la sécurité des frontières du Tchad. Une position que les autorités soudanaises présentent comme conforme aux liens historiques de voisinage entre les deux pays.

Pour Khartoum, l’attribution directe de ces frappes à l’armée soudanaise est prématurée. Le gouvernement estime qu’aucune conclusion définitive ne devrait être tirée avant l’établissement des faits par une investigation indépendante. Une mise au point qui intervient alors que les accusations se multiplient autour des incidents sécuritaires enregistrés le long de la frontière tchado-soudanaise.

La réaction soudanaise intervient après les déclarations de Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, qui avait condamné les frappes et mis en cause l’armée soudanaise.

Les autorités tchadiennes avaient, de leur côté, dénoncé des attaques provenant du territoire soudanais et évoqué leur droit à la légitime défense. Pour N’Djamena, la multiplication de tels incidents constitue une menace directe pour la sécurité nationale et pour les populations vivant dans les zones frontalières.

Dans son communiqué, Khartoum affirme que ses forces armées exercent leur mission de défense du territoire soudanais dans le cadre de leurs prérogatives constitutionnelles, tout en rejetant toute volonté de porter atteinte au territoire de ses voisins.

Au-delà du différend avec le Tchad, le ministère soudanais des Affaires étrangères met en avant une autre source de tension. Khartoum affirme être la cible d’attaques répétées de drones en provenance du territoire éthiopien.

Les autorités soudanaises disent disposer d’éléments qu’elles présentent comme des preuves de ces incursions et s’interrogent sur l’absence, selon elles, de réaction internationale face à ces attaques. Une accusation supplémentaire qui témoigne de l’élargissement des tensions sécuritaires autour du conflit soudanais.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant les Forces armées soudanaises du général Abdel Fattah al-Burhane aux Forces de soutien rapide dirigées par le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemeti ». Les combats ont particulièrement ravagé le Darfour, région située à proximité immédiate de la frontière tchadienne.

Face à cette situation, la frontière tchado-soudanaise apparaît de plus en plus comme un espace à haut risque. N’Djamena redoute que les affrontements soudanais ne débordent davantage sur son territoire, tandis que Khartoum rejette les accusations portées contre lui et dénonce à son tour des menaces venues de pays voisins.

Le gouvernement soudanais plaide ainsi pour le dialogue direct et la concertation afin de prévenir une escalade. Un appel qui intervient dans un contexte particulièrement fragile, marqué par les mouvements de populations, l’insécurité transfrontalière et la présence de centaines de milliers de réfugiés soudanais au Tchad.

Au-delà de la bataille des communiqués, l’enjeu est désormais d’éviter qu’un nouvel incident ne transforme une tension frontalière en crise régionale ouverte. Pour N’Djamena comme pour Khartoum, la priorité reste donc de contenir les répercussions d’une guerre dont les conséquences dépassent déjà largement les frontières du Soudan.

MBAÏLEDE Trésor

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