Gabon : suspension immédiate des réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre
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Gabon : suspension immédiate des réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre

Dans un climat social déjà électrisé, les autorités du Gabon ont frappé fort. Le 17 février 2026, la Haute Autorité de la Communication a ordonné la suspension immédiate et sans date de rétablissement de l’ensemble des réseaux sociaux sur le territoire. Une mesure radicale, tombée dans la soirée « comme un couperet », selon les premiers témoignages recueillis à Libreville.

L’institution estime que les plateformes étaient devenues le théâtre d’attaques diffamatoires, de discours haineux et d’une désinformation galopante, éléments jugés susceptibles d’entamer la cohésion nationale et l’équilibre institutionnel. Dans son communiqué, elle évoque un « usage abusif » des réseaux sociaux, accusés d’amplifier des tensions déjà palpables.

Cette coupure intervient alors que le président Brice Oligui Nguema fait face, depuis janvier, à la première véritable vague de mobilisation populaire de son mandat. Grèves, rassemblements sporadiques, mécontentements relayés massivement en ligne : la rue comme le numérique bruissaient d’une même impatience sociale.

Si la HAC présente cette suspension comme un moyen de « prévenir les dérives », la mesure soulève déjà de nombreuses inquiétudes. Privés de leurs canaux d’expression habituels, des millions de Gabonais vivent depuis dans un vide communicationnel inédit, aux conséquences économiques et sociales encore imprévisibles. Les petites entreprises dépendantes des ventes en ligne, les médias indépendants et les acteurs de la société civile redoutent un étouffement prolongé.

Dans un pays où les réseaux sociaux constituent souvent l’un des rares espaces de libre débat, cette décision ressemble autant à un geste d’autorité qu’à un pari risqué. Entre volonté affichée de restaurer la sérénité et crainte d’un contrôle accru de l’information, le Gabon s’engage dans une zone de turbulences où se joue une partie de sa relation à l’espace numérique et, peut-être, à sa démocratie.

La Rédaction

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