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Guéra : Incendie volontaire d’archives à Mangalmé, le sous-préfet placé en détention

Ce mercredi 27 août 2025, un grave incident s’est produit à Mangalmé, localité du centre du Tchad, autrefois simple canton, devenu successivement sous-préfecture puis préfecture dans la région du Guéra. La population a été profondément bouleversée après avoir appris que le sous-préfet en fonction, Mahamat Bichara Djari, a procédé à l’incinération volontaire d’archives administratives datant d’avant 1970.

Les archives réduites en cendres contenaient, selon plusieurs sources locales, des documents officiels liés à l’administration coloniale tardive et aux premières décennies post-indépendance. Ces papiers représentaient une mémoire institutionnelle précieuse, retraçant l’histoire administrative, sociale et économique de la région. Leur disparition est considérée par plusieurs observateurs comme une perte irréparable pour la communauté locale, mais également pour l’État tchadien.

Aucune justification officielle n’a été donnée quant aux raisons de cet acte. Certains habitants de Mangalmé affirment que le sous-préfet aurait agi sans concertation, surprenant même ses collaborateurs directs. D’autres évoquent une volonté d’« effacer des traces », mais cette hypothèse n’a pas été confirmée.

Pour de nombreux habitants, cet incendie volontaire constitue un manque de respect envers l’histoire locale et nationale. Les réactions de colère et d’indignation se sont rapidement propagées, certains notables parlant de « crime contre la mémoire collective ».

Face à l’ampleur du scandale, les autorités régionales ont immédiatement réagi. Le sous-préfet Mahamat Bichara Djari a été interpellé et transféré à Mongo, chef-lieu de la région du Guéra, où il a été placé en détention. Selon des sources administratives, il devrait répondre de ses actes devant la justice.

Cet incident relance le débat sur la conservation des archives publiques au Tchad. De nombreux chercheurs, historiens et administrateurs plaident pour une meilleure politique de préservation, afin d’éviter que des décisions unilatérales ou des négligences ne détruisent des pans entiers de la mémoire nationale.

L’incendie volontaire des archives de Mangalmé reste un événement grave etinédit qui marque profondément la région du Guéra. L’arrestation du sous-préfet montre la volonté des autorités de sanctionner de tels actes, mais soulève aussi une question de fond : comment garantir la sauvegarde et la valorisation des archives, mémoire vivante du Tchad ?

La Rédaction

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