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Guinée-Conakry : Mamadi Doumbouya élu président avec 86,72 % des voix

La Guinée s’apprête à tourner la page de quatre années de transition. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé, ce mardi soir, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre : Mamadi Doumbouya, chef de la transition depuis le coup d’État de 2021, l’emporte largement avec 86,72 % des suffrages exprimés. La Cour suprême doit encore confirmer ces résultats dans un délai de huit jours.

Selon la Direction générale des élections, 5,61 millions d’électeurs ont participé au scrutin sur 6,77 millions inscrits, soit un taux de participation d’environ 80,95 %, jugé « élevé » par les autorités. Plus de 310 000 bulletins nuls ont été comptabilisés.

Dès la fermeture des bureaux de vote, l’issue semblait acquise. Mamadi Doumbouya devance très largement ses huit concurrents. Son principal adversaire, Abdoulaye Yéro Baldé (FRONDEG), obtient environ 6,6 % des voix. Dans un pays marqué par l’instabilité politique depuis 2021, une partie de la population voit dans ce scrutin l’espoir d’un retour durable à l’ordre constitutionnel. Le camp Doumbouya a notamment mis en avant les avancées économiques, dont la mise en service du gigantesque projet minier de Simandou.

La campagne n’a cependant pas fait l’unanimité. Des observateurs internationaux ainsi que des opposants dénoncent un climat électoral « inégal », évoquant des candidatures empêchées, des exils forcés et des restrictions à la liberté d’expression. Certains appels au boycott ont également été signalés dans plusieurs localités.

Ces tensions alimentent les interrogations sur la capacité du futur président à garantir la séparation entre pouvoir civil et influence militaire. Dans une région ouest-africaine secouée par une série de putschs ces dernières années, la stabilité guinéenne reste un enjeu majeur.

Mamadi Doumbouya entamera, en cas de validation définitive des résultats, un mandat de sept ans, conformément à la nouvelle constitution adoptée en 2025. Cette réforme, qui a également levé l’interdiction faite aux militaires de se présenter à la présidentielle, avait suscité de vives controverses, certains y voyant une stratégie destinée à pérenniser son pouvoir.

La Guinée attend désormais la décision de la Cour suprême avant d’entrer officiellement dans ce nouveau chapitre politique.

MBAÏLEDE Trésor

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