La transition guinéenne vient de franchir un point de non-retour. Ce dimanche, la Cour suprême a officiellement confirmé la victoire du Général Mamady Doumbouya à la présidentielle du 28 décembre 2025, bouclant son accession au pouvoir par les urnes après plus de quatre ans de transition militaire.
Lors d’une audience solennelle à Conakry, le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a proclamé les résultats définitifs :
Mamady Doumbouya, candidat de Génération pour la modernité (GMD), l’emporte dès le premier tour avec 4 594 262 voix, soit 86,72 % des suffrages valablement exprimés.
« La Cour (…) le proclame élu président de la République dès le premier tour pour un mandat de sept ans », a déclaré le magistrat, confirmant ainsi les chiffres provisoires publiés par la Direction générale des élections (DGE).
Les neuf prétendants engagés n’ont pas suffi à masquer l’absence des poids lourds de la scène politique guinéenne. Le RPG Arc-en-ciel, l’UFDG et l’UFR, trois des principales forces partisanes du pays, avaient boycotté le scrutin, dénonçant un processus « verrouillé » et « non crédible ».
Un choix qui a laissé le champ libre au camp Doumbouya, lequel évoque désormais un « acte fondateur » pour la reconstruction du pays.
Malgré les tensions observées en amont, le vote s’est déroulé dans un climat globalement calme. Le taux de participation officiel de 82,86 % interpelle tant il contraste avec la démobilisation de l’opposition.
Pour de nombreux observateurs, cette élection marque l’aboutissement logique d’un processus initié depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, lorsque Doumbouya avait renversé Alpha Condé. Elle confère au chef de la junte une légitimité électorale qui était jusqu’ici contestée, même si une frange de la classe politique continue de dénoncer un scrutin « sans concurrence ».
La transition ne s’achève pas pour autant. Des élections législatives et communales doivent encore être organisées, sans calendrier précis. Ces scrutins compléteront l’architecture institutionnelle censée remettre la Guinée sur les rails d’un ordre constitutionnel stable.
En attendant, un défi majeur s’impose : Mamady Doumbouya parviendra-t-il à transformer son triomphe électoral en confiance durable ?
Une question qui déterminera, sans doute, la trajectoire politique du pays pour les années à venir.
La Rédaction
