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Hydrocarbures : le Tchad suspend les nouvelles autorisations de stations-service à N’Djamena

Coup d’arrêt pour les nouveaux projets de stations-service dans la capitale tchadienne et ses environs. Dans une circulaire datée de 2026, la ministre des Mines, du Pétrole et de la Géologie, Fatima Haram Acy, annonce la suspension, jusqu’à nouvel ordre, du traitement des demandes et de l’octroi de toute nouvelle autorisation de construire et d’exploiter des stations-service à N’Djamena et dans sa périphérie.

La décision est sans ambiguïté. « Jusqu’à nouvel ordre », les promoteurs souhaitant obtenir une autorisation pour construire et exploiter une nouvelle station-service devront patienter. Le ministère ordonne ainsi la mise en veille de l’ensemble des procédures relatives aux nouvelles implantations dans la capitale et ses environs.

Cette mesure, contenue dans la circulaire intervient alors que le développement des infrastructures de distribution des produits pétroliers constitue un enjeu majeur pour une capitale en pleine expansion urbaine.

À travers cette suspension, les autorités entendent manifestement reprendre la main sur les nouvelles implantations de stations-service. Si la circulaire ne précise pas les motifs détaillés ayant conduit à cette décision, elle traduit néanmoins la volonté du département en charge des Mines et du Pétrole de contrôler davantage l’évolution du réseau de distribution des hydrocarbures dans la capitale.

N’Djamena connaît depuis plusieurs années une croissance urbaine rapide, accompagnée d’une augmentation du parc automobile et, par conséquent, de la demande en carburant. Dans ce contexte, l’implantation de stations-service soulève des questions liées à l’aménagement urbain, à la sécurité, à la circulation, à la proximité des habitations et à la protection de l’environnement.

La multiplication des points de distribution dans certaines zones pourrait ainsi nécessiter une réflexion globale sur leur localisation et leur conformité aux exigences réglementaires.

Pour les opérateurs économiques et porteurs de projets qui avaient engagé des démarches administratives, la circulaire constitue un signal fort. Les nouvelles demandes ne seront plus traitées jusqu’à nouvel ordre, tandis qu’aucune nouvelle autorisation de construction et d’exploitation ne sera accordée.

La décision pourrait donc avoir des répercussions sur plusieurs projets privés envisagés dans la capitale et sa périphérie. Les promoteurs concernés devront attendre une éventuelle levée de la suspension ou de nouvelles orientations du gouvernement avant de pouvoir poursuivre leurs démarches.

Le ministère insiste par ailleurs sur le caractère obligatoire de la mesure. La ministre Fatima Haram Acy demande aux services compétents de veiller au « strict respect » de la circulaire.

Au-delà de la suspension elle-même, cette décision pourrait annoncer une prochaine réorganisation du secteur. Elle soulève notamment la question de l’avenir du réseau de stations-service dans l’agglomération de N’Djamena : faut-il limiter les nouvelles implantations, mieux les répartir ou renforcer les conditions techniques et sécuritaires avant toute délivrance d’autorisation ?

Pour l’heure, aucune échéance n’est avancée concernant la reprise du traitement des demandes. Le gouvernement maintient donc le gel des nouvelles autorisations jusqu’à nouvel ordre.

Une chose est certaine : dans la capitale tchadienne, le développement des stations-service entre désormais dans une nouvelle phase, placée sous le signe du contrôle et de la régulation.

MBAÏLEDE Trésor

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