Au Tchad, la politique sportive entend désormais élargir son horizon. Loin de se concentrer uniquement sur les disciplines les plus populaires, le ministère de la Jeunesse et des Sports affiche sa volonté de créer un environnement favorable au développement de toutes les pratiques sportives, y compris celles qui demeurent encore à la marge. Le jeu d’échecs figure parmi les disciplines appelées à trouver davantage de place dans cette dynamique.
C’est dans cette perspective que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Nair Abakar, a reçu le mardi 18 août le président de la Fédération tchadienne du Jeu d’Échecs, Mohamed Hachem Bechir. Au cœur des échanges : l’avenir de cette discipline au Tchad, ses besoins en accompagnement et les moyens de favoriser son implantation durable auprès de la jeunesse.
Derrière les pièces disposées sur un échiquier se joue en réalité un enjeu plus large : celui de la diversification de l’offre sportive nationale. Discipline fondée sur la réflexion, l’anticipation, la concentration et la stratégie, les échecs constituent également un outil de développement des capacités intellectuelles et de formation de la jeunesse.
Encore relativement peu pratiqué et peu médiatisé au Tchad, le jeu d’échecs cherche aujourd’hui à franchir un nouveau cap. La Fédération souhaite notamment renforcer la vulgarisation de la discipline, multiplier les espaces de pratique et favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de joueurs capables de représenter le pays sur les scènes régionale et internationale.
La participation aux compétitions internationales apparaît ainsi comme un autre chantier prioritaire. Pour les responsables fédéraux, ces rendez-vous constituent à la fois des cadres de perfectionnement, des occasions d’acquérir de l’expérience et des vitrines permettant de faire connaître le talent tchadien au-delà des frontières.
L’enjeu est donc de construire progressivement un véritable écosystème autour des échecs : formation des jeunes, organisation régulière de compétitions, développement des clubs, détection des talents et renforcement des capacités de l’encadrement.
En accueillant la Fédération, le ministre Nair Abakar entend inscrire cette démarche dans une vision plus globale de la politique sportive. Le développement du sport tchadien, selon cette orientation, ne peut reposer exclusivement sur les disciplines bénéficiant déjà d’une forte popularité.
Le ministère veut également encourager des pratiques susceptibles de contribuer à l’éducation, à la discipline, à la construction de la personnalité et à l’épanouissement des jeunes. Les échecs, par leur dimension intellectuelle, s’inscrivent pleinement dans cette approche.
Le ministre a ainsi encouragé les responsables de la Fédération à poursuivre leurs efforts avec constance, tout en renforçant leur organisation et leurs actions de proximité. Il a également indiqué que les possibilités d’accompagnement des initiatives de la Fédération pourraient être examinées dans les conditions appropriées.
Au-delà du seul développement du jeu d’échecs, cette rencontre traduit une ambition plus vaste : donner à chaque jeune la possibilité de trouver sa discipline, son espace d’expression et son chemin vers l’excellence.
Cette orientation place la diversification sportive au cœur d’un projet qui associe performance, éducation et inclusion. En encourageant les disciplines moins visibles mais porteuses d’une forte valeur formative, le ministère cherche à élargir la base du sport tchadien et à faire émerger de nouvelles opportunités pour la jeunesse.
Le défi reste désormais de transformer cette volonté en actions concrètes et durables. Pour les échecs comme pour les autres disciplines en quête de reconnaissance, la structuration des fédérations, l’accès aux équipements, la formation des encadreurs et l’accompagnement des jeunes talents seront déterminants.
Sur l’échiquier du sport tchadien, la partie ne fait donc que commencer. Et cette nouvelle orientation pourrait bien permettre à des disciplines encore discrètes de jouer, demain, un rôle majeur dans le rayonnement sportif du pays.
MBAÏLEDE Trésor
