Face aux défis persistants liés à la surpopulation carcérale et au respect des droits fondamentaux des personnes détenues, les autorités tchadiennes renforcent leur engagement en faveur d’une justice plus moderne et plus humaine. C’est dans cette perspective qu’un important atelier national de formation a été lancé ce lundi à N’Djamena sous l’impulsion du ministère de la Justice.
La cérémonie d’ouverture a été conduite par la ministre de la Justice, Garde des Sceaux et chargée des Droits humains, Mme Ndolenodji Alixe Naimbaye, entourée de plusieurs hauts responsables gouvernementaux, de représentants des partenaires internationaux et d’acteurs du secteur judiciaire venus des différentes régions du pays.
Pendant trois jours, près de quatre-vingts professionnels de la chaîne pénale issus des cinq ressorts de cours d’appel du Tchad échangeront autour de questions devenues essentielles pour l’avenir du système judiciaire national. Les travaux porteront notamment sur la protection des droits humains, les mécanismes alternatifs à l’incarcération ainsi que les stratégies favorisant la réinsertion sociale des personnes privées de liberté.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à la Promotion et à la Protection des Droits de l’Homme, mis en œuvre avec l’accompagnement des partenaires des Nations Unies. Elle vise à doter les magistrats, greffiers, responsables pénitentiaires et autres acteurs judiciaires d’outils pratiques leur permettant d’améliorer la prise en charge des détenus tout en garantissant une meilleure efficacité de la justice.
Dans son intervention, la ministre de la Justice a souligné que la transformation du système pénal ne peut être envisagée sans une appropriation rigoureuse des principes relatifs aux droits humains. Elle a rappelé que les réformes engagées par le gouvernement accordent une place centrale à la dignité de la personne, y compris en milieu carcéral.
La responsable du département a également mis en avant l’importance du soutien technique apporté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, dont l’accompagnement contribue à la modernisation progressive des institutions judiciaires tchadiennes.
Au-delà du renforcement des compétences, cette rencontre se veut un espace de réflexion sur les réponses à apporter aux réalités du monde carcéral. Les participants sont ainsi appelés à explorer des solutions capables de réduire le recours systématique à l’emprisonnement tout en favorisant des mécanismes de justice plus équilibrés et plus adaptés aux exigences contemporaines.
À travers cette formation, les autorités entendent consolider les fondements d’un système judiciaire davantage tourné vers la protection des libertés fondamentales, la réhabilitation des détenus et le renforcement de l’État de droit. Un chantier ambitieux qui témoigne de la volonté du pays de faire évoluer sa justice vers des standards plus respectueux des droits humains et de la dignité de chaque citoyen.
La Rédaction
