Kanem : une route pour rompre l’isolement et redessiner l’avenir
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Kanem : une route pour rompre l’isolement et redessiner l’avenir

À Mao, la poussière du Sahel s’est mêlée, ce 27 avril, aux promesses de bitume. Sous un soleil sans concession, Amir Idriss Kourda a donné le signal d’un chantier attendu depuis des années : la route Ngouri–Mondo–Mao, 74 kilomètres appelés à changer le rythme d’une province longtemps en marge.

Derrière la cérémonie et ses accents officiels, c’est un pari d’État qui se joue. Près de 79 milliards de francs CFA, mobilisés sur fonds propres, pour tracer une ligne de vie au cœur du Kanem. Un investissement lourd, assumé, et surtout stratégique : désenclaver, relier, accélérer.

Sur le terrain, l’enjeu dépasse la simple infrastructure. Ici, chaque kilomètre bitumé promet moins d’isolement, plus d’échanges, et une économie locale remise en mouvement. « Ce n’est pas qu’une route », insiste Issaka Koty Yacoub. Dans son propos, la route devient levier : pour l’accès aux services, pour le commerce, pour une jeunesse en quête d’opportunités.

Le projet, confié à la Société de Coopération pour la Construction et le Commerce (S3C), devra tenir un calendrier serré : 30 mois. Un défi technique autant que politique. Car au-delà du ruban d’asphalte, c’est la crédibilité d’une ambition nationale qui se mesure.

À N’Gouri comme à Mondo, l’attente est palpable. Les habitants parlent déjà de trajets raccourcis, de marchés accessibles, de coûts de transport allégés. Une route, ici, n’est jamais neutre : elle redistribue les cartes, rapproche les territoires et redéfinit les horizons.

Pour le ministre, ce chantier s’inscrit dans une vision plus vaste : 7 000 kilomètres de routes à construire d’ici 2029. Une promesse de maillage national, où chaque axe devient une pièce d’un puzzle plus grand — celui d’un Tchad moins fragmenté.

Reste l’épreuve du réel : sécurité du chantier, respect des délais, qualité des travaux. Autant de conditions pour que cette route ne soit pas seulement inaugurée, mais réellement vécue.

À Mao, ce lundi, les discours ont tracé une trajectoire. Il appartient désormais aux bulldozers de la rendre tangible.

La Rédaction

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