Le septième art a pris ses quartiers à Koumra. La grande salle du Centre culturel Champagnat a accueilli, jeudi 1er octobre, la cérémonie officielle de lancement de la 5ᵉ édition du Festival de Cinéma du Mandoul (FECIM), un rendez-vous désormais inscrit dans l’agenda culturel tchadien.
Placée sous le haut patronage du Ministère du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, la cérémonie a réuni cinéastes, réalisateurs, comédiens, acteurs culturels et passionnés du septième art. Plusieurs délégations venues de différentes provinces du Tchad ont également répondu présentes, aux côtés de représentants du Burkina Faso, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire.
Pour cette cinquième édition, le FECIM entend franchir un nouveau cap. Au-delà des projections et des rencontres artistiques, le festival se veut un espace de création, de dialogue et de partage entre professionnels et jeunes talents.
Prenant la parole au nom du festival, Noubainguerassem Jonathan a salué l’engagement des partenaires et de l’ensemble des acteurs ayant contribué à la consolidation de cette initiative. Il a rappelé que la pérennisation du festival, lancé il y a cinq ans, est le fruit d’un travail progressif visant à mobiliser les partenaires et à créer un véritable écosystème autour du cinéma et de la culture.
Cette nouvelle édition se présente ainsi comme un moment privilégié pour renforcer les collaborations, favoriser les échanges d’expériences et donner davantage de visibilité aux créateurs tchadiens.
Cette année, le FECIM place le cinéma au cœur d’un enjeu mondial : le changement climatique.
Sous le thème « Le cinéma, voix du climat : sensibiliser au changement climatique par l’image », le festival entend exploiter la puissance du récit et de l’image pour informer, interpeller et encourager une prise de conscience collective.
La Déléguée du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat du Mandoul, Tarmadji Ndoadoumngué Nicole, a souligné la portée éducative et sociale du septième art. Selon elle, le cinéma ne se limite pas au divertissement : il peut également contribuer à l’éducation, à la sensibilisation et à la mobilisation des populations.
À travers leurs œuvres, les cinéastes peuvent notamment donner à voir les effets du dérèglement climatique sur les terres, les ressources naturelles et les communautés, tout en mettant en lumière les comportements et initiatives susceptibles de contribuer à la préservation de l’environnement.
S’adressant particulièrement à la jeunesse artistique, elle a lancé un appel à la créativité et à l’engagement : « Osez créer, osez raconter ». Une invitation à faire du talent artistique un instrument de sensibilisation sur les grands défis auxquels les sociétés sont confrontées.
En procédant au lancement officiel des activités, le Secrétaire général de la province du Mandoul, Djimas Djedouboum, a salué la mobilisation du comité d’organisation et l’engagement des différents partenaires.
Il a également mis en avant la pertinence du thème retenu pour cette édition, estimant que le cinéma constitue un moyen efficace de transmettre des messages et de toucher un large public.
La présence de délégations venues de plusieurs provinces tchadiennes et de pays voisins donne également au festival une dimension régionale. Pour les organisateurs et les autorités locales, cette participation contribue à renforcer la place de Koumra comme espace de rencontres et d’expression culturelle.
« Ce festival n’est pas un hasard », a déclaré le Secrétaire général, mettant en avant la capacité du FECIM à réunir autour du cinéma des artistes, des jeunes, des institutions et des acteurs culturels de différents horizons.
Pendant plusieurs jours, le Festival de Cinéma du Mandoul entend multiplier les projections, rencontres, formations et échanges autour du septième art. Une programmation qui devrait permettre aux professionnels comme aux passionnés de confronter leurs expériences et de découvrir de nouvelles œuvres.
À travers cette cinquième édition, le FECIM ambitionne ainsi de consolider sa vocation : faire du cinéma un espace de création, de dialogue et de sensibilisation, tout en contribuant à la promotion des talents et de la culture tchadienne.
À Koumra, l’écran ne servira donc pas uniquement à raconter des histoires. Il sera aussi appelé à porter un message sur l’environnement, à interpeller les consciences et à donner une voix aux préoccupations qui traversent les communautés.
MADJISSEMBAYE Djaïngué correspondant de Chagra Média depuis Koumra
