Koumra, capitale provinciale du Mandoul, a vécu ce mercredi 18 février une matinée au goût de mobilisation et d’urgence. Dans la salle de réunion de ARED, les voix des défenseurs des droits humains ont résonné face à une délégation de haut niveau : la mission de la rapporteuse spéciale du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (UNHCHR), venue enquêter et écouter.
L’objectif était clair : recueillir des informations précises, comprendre les réalités locales et mesurer l’ampleur d’un phénomène encore trop souvent étouffé, la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.
Dans la salle, activistes, leaders communautaires et représentants d’organisations locales ont partagé, sans filtre, les obstacles qu’ils affrontent et les violences qu’ils tentent chaque jour d’endiguer.
Le coordonnateur général de l’ARED, Madjiyera Ngar Alkoa, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la traite humaine dans le Mandoul est désormais un fléau installé, touchant de plein fouet les populations les plus vulnérables : femmes, enfants, jeunes.
Il a dressé un tableau sombre de la situation, avant de formuler des recommandations fermes à l’intention des autorités nationales et du système des Nations Unies.
À ses côtés, l’AARMOC, autre acteur clé de la défense des droits humains, a confirmé l’urgence d’un soutien renforcé et d’une réponse coordonnée.
Les membres de la mission onusienne ont salué le travail mené par l’ARED et par l’ensemble des organisations locales. Ils ont surtout insisté sur un point : la lutte contre la traite humaine ne peut être gagnée qu’avec une coopération étroite entre acteurs locaux et partenaires internationaux.
Leur présence à Koumra n’est pas anodine. Elle marque le début d’un processus plus vaste d’écoute, de documentation et d’action.
Cette rencontre à Koumra, au cœur de la Province du Mandoul, pourrait bien devenir un moment charnière.
Elle rappelle que la traite des personnes n’est pas une fatalité. Mais pour inverser la tendance, il faudra maintenir la pression, renforcer la justice, protéger les victimes et redonner une dignité confisquée à tant de vies brisées.
Le Mandoul a parlé. Reste maintenant au monde d’écouter et d’agir.
Madjissembaye DJAÏNGUÉ, correspondant de Chagra Media



Laisser un commentaire