Actualités Actualités Faits divers Nationale

Laoukaszy : les autorités ordonnent le départ des éleveurs arrivés après le conflit de Mandakao pour protéger les terres agricoles

Face à la multiplication des conflits agro-pastoraux et à l’occupation croissante des terres cultivables, les autorités administratives de Laoukaszy haussent le ton. Dans un communiqué officiel signé le 29 juillet 2026, le sous-préfet Ali Barkaï Saleh annonce une série de mesures destinées à restaurer l’ordre, sécuriser les populations rurales et permettre aux agriculteurs de retrouver leurs exploitations.

Selon les autorités locales, la situation est devenue particulièrement préoccupante depuis le début de la saison des pluies. Dans plus d’une dizaine de villages relevant du canton de Laoukaszy, une grande partie des terres agricoles a été abandonnée par les cultivateurs, contraints de fuir l’insécurité. Ces espaces, autrefois destinés aux cultures, sont désormais occupés par d’importants troupeaux de bétail.

L’administration attribue cette dégradation à l’arrivée massive de troupeaux en provenance d’autres localités, à la suite du conflit de Mandakao. Ces éleveurs, dont plusieurs ne seraient ni enregistrés auprès des autorités administratives ni reconnus par les instances coutumières locales, sont accusés de graves exactions.

Le communiqué évoque notamment des incursions répétées dans les champs, des actes de violence contre les agriculteurs, des incendies volontaires d’habitations ainsi que des vols de bétail appartenant aux populations rurales. Les autorités rappellent que cinq villages ont déjà été incendiés depuis l’année dernière, le plus récent sinistre ayant été enregistré le 21 juillet 2026.

Face à cette escalade des tensions, la sous-préfecture fixe un ultimatum. Tous les éleveurs, commerçants et autres personnes installées dans la zone après le conflit de Mandakao devront quitter le territoire du canton et de la sous-préfecture de Laoukaszy au plus tard le 10 août 2026.

Passé ce délai, l’administration prévient qu’elle ne pourra être tenue responsable des conséquences pouvant découler du maintien des troupeaux sur place, notamment la saisie des animaux, leur mise en fourrière ou encore l’interpellation des bouviers concernés.

Les autorités distinguent toutefois les éleveurs installés de longue date dans la localité. Ces derniers sont appelés à respecter strictement les dispositions de la Convention de Laoukaszy, notamment les zones de campement et de ferrick qui leur sont attribuées. Ils devront également aménager des clôtures afin d’empêcher leurs animaux de divaguer dans les exploitations agricoles.

À travers cette décision, l’administration entend préserver la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs tout en réaffirmant l’autorité de l’État dans une zone fragilisée par les violences et les déplacements de populations. Le communiqué précise enfin que la justice ainsi que les autorités provinciales sont officiellement saisies de cette mesure, laquelle sera largement diffusée afin d’assurer son application effective.

Cette initiative intervient dans un contexte où les conflits liés à l’accès aux terres et aux ressources pastorales demeurent l’un des principaux défis sécuritaires et humanitaires dans plusieurs régions du Tchad, particulièrement en pleine saison agricole.

MBAÏLEDE Trésor

Quitter la version mobile