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Le livre tchadien en danger : Mbernodji accuse, le ministère interpellé

Le monde du livre tchadien traverse une zone de turbulences. C’est le constat sans concession dressé par Sosthène Mbernodji, président de l’Association des Écrivains et Auteurs du Tchad (ASEAT), lors d’un point de presse tenu ce vendredi dans la capitale. Selon lui, la création littéraire au Tchad est aujourd’hui « au bord de l’asphyxie », victime d’une crise profonde alimentée par une gouvernance « sectaire et excluante » du ministère de la Culture.

D’emblée, Sosthène Mbernodji accuse le ministre en charge de la Culture de mener une politique culturelle en rupture totale avec les attentes des acteurs du livre. Il dénonce une gestion marquée, selon lui, par l’exclusion systématique des professionnels, la marginalisation des organisations représentatives et l’abandon des initiatives censées dynamiser le secteur.

Le président de l’ASEAT cite notamment le Mois du Livre, événement phare du calendrier culturel, qu’il estime désormais vidé de son sens. À cela s’ajoutent des promesses financières restées sans suite : les engagements de l’État pour l’achat d’ouvrages d’auteurs tchadiens n’auraient jamais été honorés.
« Aucune suite n’a été donnée aux annonces budgétaires », regrette-t-il, soulignant que les écrivains tchadiens ne bénéficient d’aucun soutien pour participer aux grands rendez-vous littéraires internationaux, essentiels pour la visibilité du pays.

Autre point de crispation : l’absence totale de soutien institutionnel à l’ASEAT, pourtant seule structure faîtière représentant les écrivains du Tchad. Mbernodji rappelle que dans plusieurs pays africains, les associations d’auteurs reçoivent des subventions régulières permettant de stimuler la création, d’appuyer les éditeurs et de préserver le patrimoine littéraire.
« Chez nous, rien de tout cela n’existe, alors même que la production littéraire est déjà fragile », déplore-t-il.

Face à ce qu’il qualifie de « péril culturel », Sosthène Mbernodji formule trois revendications majeures destinées à relancer un secteur en perte de vitesse :

  • La révocation du ministre de la Culture, qu’il accuse de freiner le développement du livre au Tchad.
  • L’organisation urgente des États généraux du livre et de la lecture, afin de reconstruire collectivement une politique culturelle cohérente.
  • La création d’une Maison de l’Écrivain tchadien, espace dédié à la création, à la formation, à l’édition et à la promotion des œuvres nationales.

Pour lui, ces mesures sont indispensables pour remettre le livre au centre de la vie culturelle et offrir aux auteurs un cadre propice à la création.

En conclusion, le président de l’ASEAT lance un appel solennel au Chef de l’État. Il demande son implication personnelle pour sauver le secteur du livre, qu’il considère comme un pilier essentiel de la mémoire et de l’identité nationale.

« Préserver la mémoire collective et renforcer la présence de la littérature tchadienne dans le concert des nations doit être une priorité nationale », insiste-t-il, appelant à une prise de conscience urgente.

La Rédaction

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