Le ton monte entre Washington et Niamey. En réponse à une décision américaine jugée « unilatérale » et « injustifiée », le Niger a annoncé, cette semaine, la suspension immédiate de la délivrance de visas aux citoyens des États-Unis. L’information, relayée par la presse locale, provient d’une source diplomatique nigérienne qui évoque une mesure « totale, définitive et indéfinie ».
Cette riposte intervient après que les États-Unis ont décidé de classer le Niger parmi les pays dont les citoyens ne sont plus éligibles aux visas d’entrée sur leur territoire. Une décision prise sous l’administration Trump, qui a suscité des critiques sur le continent africain, plusieurs observateurs dénonçant une politique migratoire « discriminatoire » à l’égard de pays majoritairement africains.
Du côté de Niamey, la mesure est présentée comme une application stricte du principe de réciprocité, pierre angulaire de la diplomatie internationale. « Le Niger ne peut rester sans réaction face à des décisions unilatérales qui affectent injustement ses ressortissants », confie une source diplomatique. Selon elle, cette riposte vise à affirmer la souveraineté nationale et à envoyer « un message clair » à Washington.
La décision nigérienne, qui interdit également l’entrée sur son territoire de tout ressortissant américain, marque un tournant dans la politique étrangère du pays. Depuis plusieurs années, Niamey cherche à renforcer son autonomie stratégique et à redéfinir ses partenariats internationaux, dans un contexte régional en pleine recomposition.
Si les échanges entre les deux pays restent limités en matière migratoire, la portée symbolique de ce geste est significative. Il traduit une volonté croissante des États africains de réagir de manière plus affirmée aux politiques restrictives venues des grandes puissances. Les conséquences pratiques de cette suspension notamment sur les relations diplomatiques, la coopération sécuritaire ou les programmes de développement restent toutefois à observer dans les prochains jours.
En attendant, les réactions continuent d’affluer, tant sur la scène politique nigérienne qu’à l’international. Niamey assume pleinement ce choix, affirmant défendre « la dignité » et « les droits » de ses citoyens. Une prise de position qui pourrait, selon certains analystes, inspirer d’autres pays africains confrontés à des restrictions similaires.
La Rédaction
