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Le Président de la CAF Patrice Motsepe rompt le silence : « Aucun pays africain ne sera privilégié »

Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, est finalement sorti de sa réserve. Après de vives polémiques liées au retrait du gain de la CAN 2025 au Sénégal et à son attribution au Maroc, le dirigeant sud-africain a répondu frontalement aux accusations de favoritisme et de corruption formulées par Dakar.

Dans une vidéo de plus de six minutes, diffusée après une montée de tension sans précédent, Motsepe a assuré que la CAF n’accordera « aucun traitement privilégié à quelque pays africain que ce soit ».

La décision de la commission d’appel de la CAF, organe indépendant, rappelle Motsepe de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour le réattribuer au Maroc a déclenché un tollé. Les autorités sénégalaises dénoncent une décision “incompréhensible et entachée de pressions politiques”.

C’est la première fois que le patron de la CAF s’exprime depuis cette annonce explosive.

Motsepe ne nie pas l’onde de choc provoquée par les incidents de la finale.
Selon lui, ces événements compromettent des années d’efforts pour défendre l’intégrité, l’éthique et la crédibilité du football africain.

« Les incidents survenus lors de la finale montrent qu’il reste encore du travail pour restaurer la confiance. C’est un héritage du passé », a-t-il insisté.

Face aux soupçons d’ingérence, Motsepe a donné des garanties. Il rappelle que la commission de discipline et la commission d’appel, toutes deux composées de juristes et magistrats réputés, ont abouti à des décisions opposées : preuve irréfutable, selon lui, de leur totale autonomie.

Il précise que la commission d’appel présidée par un juge agit sans aucune influence de la CAF.

Alors que le Sénégal envisage de saisir le Tribunal arbitral du sport, Motsepe a assuré que la CAF respecterait scrupuleusement toute procédure juridique et se conformerait à la décision finale.

La redistribution du titre intervient dans une atmosphère déjà électrique, où le rôle de la FIFA et l’influence de son président, Gianni Infantino, sont largement discutés sur le continent.
Le symbole est fort : au soir de la finale, c’est Infantino lui-même qui avait remis le Soulier d’Or au Marocain Brahim Diaz.

En rompant le silence, Patrice Motsepe tente de réaffirmer l’autorité et l’intégrité de l’instance, alors que l’un des plus grands dossiers de son mandat menace de fracturer le football africain.

Reste désormais à savoir si ses explications suffiront à apaiser la colère de Dakar ou si l’affaire prendra une tournure judiciaire qui marquera durablement l’histoire de la CAN.

MBAÏLEDE Trésor

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