L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été condamné lundi 27 octobre 2025 à deux ans de prison, dont un an ferme, pour atteinte au crédit de l’État et opposition à l’autorité légitime. La justice lui reproche d’avoir exprimé publiquement son soutien à des prisonniers politiques sur les réseaux sociaux.
Moussa Mara, qui a dirigé le gouvernement malien entre 2014 et 2015, avait publié le 4 juillet dernier un message sur le réseau X (ex-Twitter) dans lequel il affirmait avoir rendu visite à plusieurs détenus d’opinion incarcérés pour avoir critiqué la junte au pouvoir. Dans ce message, il leur promettait que justice leur serait un jour rendue.
Ces propos ont conduit à son inculpation et son placement en détention le 1er août par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, à Bamako. Le parquet l’accusait d’opposition à l’autorité légitime, d’incitation au trouble à l’ordre public, de diffusion de fausses informations et d’atteinte au crédit de l’État.
Le tribunal a finalement condamné M. Mara à 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois avec sursis, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA (environ 760 euros) et d’un franc symbolique à verser à l’État, partie civile dans le dossier. La peine est conforme aux réquisitions du parquet, qui avait demandé deux ans de prison ferme lors du procès tenu le 29 septembre.
La condamnation de Moussa Mara intervient dans un contexte politique tendu au Mali, où la junte, au pouvoir depuis le coup d’État d’août 2020, est régulièrement accusée de réprimer les voix dissidentes. Plusieurs opposants, journalistes et militants ont déjà été interpellés pour des publications critiques sur les réseaux sociaux.
L’affaire relance le débat sur la liberté d’expression et le rôle des réseaux sociaux dans un pays où la parole publique est de plus en plus surveillée. Pour de nombreux observateurs, cette condamnation illustre la volonté du pouvoir de museler l’opposition politique.
En attendant une éventuelle procédure d’appel, Moussa Mara, 51 ans, restera détenu à Bamako pour purger sa peine d’un an ferme.
La Rédaction



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