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Mali : L’opposition défie la répression avec un manifeste pour la démocratie

Dans un contexte politique tendu et marqué par un climat de répression croissante, l’opposition malienne a franchi une nouvelle étape ce dimanche 4 mai 2025 en signant un manifeste solennel appelant au respect de la démocratie et du pluralisme politique. Cette initiative fait suite à une importante manifestation organisée la veille à Bamako, malgré des tentatives de blocage et d’intimidation de la part de partisans du pouvoir en place.

La signature du manifeste, qui a eu lieu dans un lieu tenu secret jusqu’au dernier moment pour éviter des perturbations, a rassemblé plusieurs figures majeures de l’opposition politique, de la société civile et des défenseurs des droits humains. Le document dénonce les dérives autoritaires croissantes des autorités de transition et appelle à un retour rapide à l’ordre constitutionnel, au respect des libertés fondamentales et à l’organisation d’élections crédibles et inclusives.

Depuis plusieurs mois, les libertés d’expression et de réunion sont fortement restreintes au Mali. Des journalistes ont été arrêtés, des médias suspendus, et les rassemblements de l’opposition fréquemment interdits ou réprimés. La manifestation de samedi, autorisée à la dernière minute, a néanmoins réuni plusieurs centaines de personnes à Bamako, qui ont bravé la peur pour exiger le respect des engagements démocratiques pris par les autorités de transition.

Des incidents ont été signalés en marge de la manifestation, notamment des barrages érigés par des groupes pro-pouvoir et des intimidations contre certains participants. Plusieurs témoins affirment que des coupures ciblées d’Internet et de téléphone mobile ont été observées dans certaines zones.

Le manifeste, rendu public dimanche, contient plusieurs revendications clés notamment :

  • Le respect immédiat des libertés publiques, notamment la liberté d’expression, de réunion et de presse ;
  • L’ouverture d’un dialogue inclusif avec l’ensemble des forces vives du pays ;
  • La fixation d’un calendrier clair pour les élections générales, avec la garantie de leur transparence ;
  • Le rejet de toute prolongation indéfinie de la transition politique en cours.

Selon l’un des signataires, « ce texte est une alerte, mais aussi un appel au sursaut citoyen pour éviter une dérive irréversible vers une dictature de fait », a-t-il déclaré.

Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la mobilisation des forces démocratiques au Mali, même si le contexte reste très incertain. Les autorités de transition, qui ont jusqu’ici affiché peu d’ouverture au dialogue politique, n’ont pas encore réagi officiellement au manifeste. Mais en coulisses, plusieurs sources affirment que des mesures de rétorsion pourraient être prises à l’encontre des initiateurs du texte.

Face à cette situation, plusieurs organisations internationales, dont l’Union africaine et la CEDEAO, suivent de près l’évolution du climat politique au Mali. Elles pourraient être appelées à jouer un rôle de médiation si la tension continue de s’aggraver.

LA REDACTION

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