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Mandoul : Axe Bedaya–Ngalo, entre progrès et périls, l’AARMOC sonne l’alerte

Le développement avance sur l’axe reliant Bedaya à Ngalo, dans la province du Mandoul. Mais sur ce corridor en pleine mutation, les risques progressent aussi vite que les infrastructures. Ce 22 avril 2026, une équipe de AARMOC a parcouru les villages riverains pour une mission de terrain directe et sans filtres. Objectif : alerter sur trois urgences vitales qui menacent les habitants. Là où l’on célèbre les avancées, la réalité rappelle que le progrès n’a de sens que s’il protège les vies.

Depuis l’inauguration du nouveau franchissement construit par AFCORP TCHAD, l’axe Bedaya–Ngalo connaît un trafic en nette augmentation. Une bonne nouvelle en apparence, mais qui révèle un revers inquiétant : plus la route s’améliore, plus les comportements dangereux se multiplient.

Excès de vitesse, motos surchargées, piétons distraits, enfants courant près de la chaussée… Chaque semaine apporte son lot de drames, avec une route « neuve » qui ne protège pas de l’imprudence.
« La route goudronnée n’est pas un bouclier. Elle peut même devenir un piège si l’on ne change pas nos habitudes », ont rappelé les animateurs de l’AARMOC. Devant des habitants souvent surpris par l’ampleur des accidents recensés, le message frappe fort : le développement routier doit rimer avec discipline et vigilance.

Deuxième point d’alerte : la recrudescence des IST et du VIH/Sida dans les zones rurales du Mandoul. Un sujet sensible, trop souvent étouffé, que l’AARMOC a décidé d’affronter frontalement.

À Bedaya comme à Ngalo, l’équipe a expliqué, sans détour, les modes de transmission, l’importance de la prévention et l’accès au dépistage gratuit.
« Le silence tue plus que la maladie », répètent-ils.
Dans des communautés où l’on parle aisément des nouvelles infrastructures mais rarement de santé sexuelle, l’association rappelle que la lutte contre les IST est un pilier essentiel de la survie sociale et économique. Car aucun avenir n’est possible si la jeunesse s’affaiblit dans l’ombre des tabous.

Symbole d’ouverture et d’espoir, le nouveau pont du Mandoul également construit par AFCORP TCHAD, désenclave la zone et dynamise le commerce local. Mais son avenir dépend désormais de la responsabilité collective.

Vol de pièces métalliques, surcharge de camions, dépôts sauvages d’ordures, actes de dégradation… Les alertes se multiplient.
« Un pont, c’est comme une maison : si chacun l’abîme un peu, il finira par s’écrouler pour tous », a prévenu l’équipe, face aux transporteurs et chefs de villages réunis pour la séance de sensibilisation.

En sillonnant l’axe Bedaya–Ngalo, l’AARMOC n’a pas seulement donné des conseils : elle a mis les communautés face à leurs responsabilités. La sécurité routière, la santé publique et la protection des infrastructures ne sont pas trois dossiers distincts : ensemble, ils dessinent l’avenir du Mandoul.

Sur un territoire en pleine transformation, chaque geste compte. Protéger la vie, préserver la jeunesse, défendre le patrimoine commun : telle est désormais la triple urgence que l’association appelle à relever, avant que les progrès ne se transforment en périls durables.

MADJISSEMBAYE Djaïngué, correspondant de Chagra Média, depuis Koumra.

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