Les locaux du CLAC de Koumra ont vibré ce vendredi au rythme d’un échange citoyen majeur : un forum communautaire entièrement dédié à la gouvernance foncière et à la transparence publique. Une initiative qui marque un tournant pour la province du Mandoul, où les questions foncières constituent un enjeu central de cohésion sociale.
Ce rendez-vous s’inscrit dans le cadre du projet Citoyenneté Active et Gouvernance Ouverte au Tchad (CAGOT), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Association des Artistes pour le Développement et l’Éducation aux Droits Humains, le Cadre de Concertation et d’Échange pour la Consolidation de la Paix ainsi que l’Association Cœur Blanc. Ensemble, ces organisations ont lancé un appel fort : rendre la gestion des terres plus inclusive, participative et alignée sur les principes du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO).
Le forum a réuni trente-cinq participants représentant l’ensemble des composantes sociales du Mandoul : autorités locales, Organisations de la Société Civile, Organisations Communautaires de Base, services techniques, leaders traditionnels, femmes, jeunes et partenaires de développement.
Objectif : construire une plateforme d’échanges permettant d’identifier les défis actuels, de prévenir les conflits communautaires et de proposer des pistes réalistes pour une gouvernance foncière transparente.
Pour les organisateurs, il s’agit avant tout de « redonner la parole aux communautés et d’ancrer une culture de gestion ouverte des ressources ». Un enjeu crucial dans une région où le foncier, au cœur des dynamiques économiques et sociales, suscite régulièrement des tensions.
Au terme des discussions, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à renforcer la cohésion sociale, améliorer l’accès à l’information publique et encourager la participation citoyenne dans la prise de décision.
Ce forum constitue ainsi un pas significatif vers l’adhésion officielle du Mandoul au Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, une démarche qui pourrait transformer durablement la manière dont les affaires publiques sont gérées localement.
La forte participation et la diversité des voix présentes témoignent d’un besoin réel de dialogue structuré sur les questions foncières. Cette rencontre apparaît comme une étape fondatrice vers une gouvernance plus inclusive, où chaque citoyen devient acteur de son territoire.
Madjissembaye Djaïngué
Correspondant de Chagra Médias
depuis Koumra.
