Face aux dérives dénoncées dans le placement de la main-d’œuvre, l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE) veut renforcer le contrôle et la concertation avec les organisations syndicales. Une séance de travail tenue ce jeudi 13 août 2026 a permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par certains travailleurs et les enjeux liés à l’encadrement des cabinets de recrutement.
Le marché de l’emploi tchadien veut se mettre à l’abri des pratiques qui fragilisent les travailleurs. Ce jeudi 13 août 2026, le Directeur de l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE), Nassouradine Abakar Kessou, a réuni les présidents des centrales syndicales pour une séance de travail consacrée aux activités des entreprises et cabinets spécialisés dans le placement de la main-d’œuvre.
Au cœur des discussions : les conditions dans lesquelles certains demandeurs d’emploi sont recrutés, placés et employés. Une préoccupation devenue suffisamment importante pour pousser l’ONAPE à renforcer le dialogue avec les représentants des travailleurs.
Au cours de la rencontre, la direction de l’ONAPE a rappelé les dispositions légales qui encadrent les activités de placement du personnel. Elle a également exposé plusieurs préoccupations et plaintes enregistrées auprès de l’Office concernant des travailleurs recrutés ou placés par certains cabinets.
Selon les éléments présentés lors de la réunion, certaines situations seraient marquées par l’absence de protection sociale, la précarité des relations contractuelles et le recours à des pratiques informelles. Des dérives qui, lorsqu’elles persistent, peuvent exposer les travailleurs à une forte vulnérabilité et compromettre leurs droits fondamentaux.
Pour l’ONAPE, l’enjeu ne se limite donc pas à faciliter la mise en relation entre employeurs et demandeurs d’emploi. Il s’agit également de veiller à ce que le placement de la main-d’œuvre s’effectue dans un cadre légal, transparent et respectueux des droits des travailleurs.
La présence des centrales syndicales à cette séance de travail traduit la volonté d’instaurer une collaboration plus étroite entre les institutions chargées de l’emploi et les organisations représentant les travailleurs.
Cette concertation doit permettre de mieux identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, de renforcer la vigilance autour des pratiques de recrutement et de favoriser une meilleure application de la réglementation.
À travers cette démarche, l’ONAPE entend contribuer à assainir progressivement le marché de l’emploi et à limiter les pratiques susceptibles de transformer la recherche d’un emploi en parcours de précarité.
La rencontre intervient dans un contexte où la question de l’accès à l’emploi demeure un enjeu majeur. Pour les demandeurs d’emploi, la multiplication des intermédiaires dans le recrutement peut constituer une opportunité, mais aussi un risque lorsque les règles ne sont pas clairement respectées.
L’ONAPE mise ainsi sur le dialogue avec les centrales syndicales et l’ensemble des acteurs du monde du travail pour renforcer la régulation du secteur. L’objectif affiché est de promouvoir un marché de l’emploi plus transparent, équitable et conforme aux normes en vigueur.
La démarche devrait se poursuivre à travers d’autres échanges avec les partenaires sociaux et les parties prenantes. En ligne de mire : mieux encadrer les mécanismes de placement, protéger les demandeurs d’emploi et faire progresser la promotion du travail décent au Tchad.
Pour l’ONAPE et les organisations syndicales, le message est clair : la recherche d’un emploi ne doit pas se faire au prix de la perte des droits sociaux et professionnels.
MBAÏLEDE Trésor
