Les défis qui fragilisent le secteur médiatique tchadien étaient au cœur d’une rencontre entre parlementaires et professionnels de l’information. La Commission Communication, Télécommunications et Économie Numérique de l’Assemblée nationale a reçu, lundi 6 octobre 2026, une délégation du bureau de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), pour un échange consacré à l’avenir de la presse au Tchad.
Présidée par l’Honorable Dr Abdoulaye Ngardiguina, cette séance de travail a permis de mettre sur la table les principales préoccupations des acteurs des médias, dans un contexte marqué par de profondes mutations du paysage informationnel.
Au centre des discussions : la sécurité des journalistes, l’accès aux sources et aux informations d’intérêt public, les conditions d’exercice de la profession, mais aussi la nécessité de faire évoluer le cadre juridique encadrant les médias.
La relance de la proposition de loi consacrée à la sécurité et à la protection des journalistes a occupé une place importante dans les échanges. Pour les professionnels des médias, la consolidation d’un environnement de travail sécurisé constitue un préalable indispensable à l’exercice d’un journalisme libre, responsable et professionnel.
Le président de la Commission Communication a, pour sa part, souligné l’importance de la presse dans la vie démocratique. Il a réaffirmé la disponibilité de l’institution parlementaire à accompagner les initiatives susceptibles de renforcer la liberté de la presse et de favoriser un cadre professionnel davantage protecteur.
Face aux parlementaires, le président de l’UJT, Abbas Mahamoud Tahir, a dressé un état des lieux des difficultés rencontrées quotidiennement par les journalistes et les entreprises de presse.
La fragilité économique des médias, les difficultés d’accès à l’information, la protection des professionnels, la prolifération de la désinformation et l’accélération de la transformation numérique figurent parmi les défis majeurs identifiés.
Ces préoccupations traduisent, selon les acteurs du secteur, la nécessité de repenser les mécanismes d’accompagnement de la presse afin de permettre aux médias de jouer pleinement leur rôle d’information et de veille citoyenne.
Au terme des discussions, l’idée d’un mécanisme de concertation régulier s’est imposée comme une piste privilégiée. L’Assemblée nationale et l’UJT envisagent de renforcer leur collaboration, avec l’implication de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) ainsi que du ministère de la Communication.
L’objectif est de favoriser une meilleure cohérence des textes régissant le secteur, tout en rapprochant les décisions publiques des réalités vécues par les professionnels de l’information.
Au-delà d’une simple rencontre institutionnelle, ces échanges marquent ainsi une volonté de rapprocher le législateur et les acteurs de la presse autour d’un même impératif : bâtir un environnement médiatique plus sécurisé, plus professionnel et davantage propice à l’exercice de la liberté de la presse au Tchad.
MBAÏLEDE Trésor
