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N’Djamena : 23 inhumations en moins d’une heure à Lamadji, les causes de décès interpellent

Un constat troublant effectué le dimanche 25 octobre au cimetière de Lamadji, à la sortie nord de N’Djamena, soulève de sérieuses interrogations sur les circonstances de certains décès et le suivi des procédures d’inhumation. Face à cette situation préoccupante, la question de la traçabilité des corps et de l’identification des causes de décès mérite une attention particulière.

Une succession inhabituelle d’inhumations au cimetière de Lamadji remet sur le devant de la scène une question essentielle de santé publique : sait-on précisément de quoi meurent les personnes enterrées dans la capitale tchadienne ?

Le dimanche 25 octobre 2026, entre 7 h 47 et 8 h 44, notre reporter Abakar Mahamat Hassan a constaté une forte affluence liée aux enterrements dans ce cimetière situé à la sortie nord de N’Djamena. Selon son relevé, 23 inhumations ont été observées durant cet intervalle, tandis que quatre autres corps auraient été aperçus aux abords du cimetière ou sur le trajet, selon les informations recueillies sur place.

Ce constat, qui nécessite des vérifications complémentaires, suscite des interrogations légitimes. En moins d’une heure, le nombre d’enterrements rapportés donne une idée de l’ampleur du phénomène observé. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout l’absence d’informations vérifiées sur les causes des décès qui interpelle.

Derrière chaque corps inhumé se trouve une histoire, une famille endeuillée et, parfois, des questions restées sans réponse. Les personnes décédées ont-elles toutes bénéficié d’une prise en charge médicale ? Leurs décès ont-ils été constatés par les services compétents ? Les circonstances de leur disparition ont-elles été documentées avant leur inhumation ?

Autant d’interrogations auxquelles il serait prématuré d’apporter des réponses sans enquête ni données officielles.

Un témoin présent sur les lieux, qui a requis l’anonymat, affirme que certaines personnes seraient décédées à domicile sans avoir été examinées par les services hospitaliers concernés. Si ces déclarations restent à confirmer, elles soulèvent un enjeu important : celui du contrôle médical et administratif des décès survenus hors des structures sanitaires.

Il convient toutefois de rappeler que mourir à domicile ne signifie pas nécessairement qu’un décès est suspect ou irrégulier. L’enjeu réside dans le respect des procédures applicables, la constatation du décès et, lorsque les circonstances l’exigent, la détermination de sa cause.

L’affluence observée à Lamadji appelle des éclaircissements de la part des services sanitaires, des responsables de la gestion des cimetières et des autorités administratives compétentes.

Combien de décès ont été officiellement enregistrés durant cette période ? Quelle proportion des personnes inhumées a bénéficié d’un constat médical ? Existe-t-il des données permettant d’établir les principales causes de mortalité dans la capitale ?

Ces questions ne visent pas à alimenter la peur, mais à rappeler l’importance d’un système fiable d’enregistrement des décès. La connaissance des causes de mortalité constitue en effet un outil indispensable pour détecter d’éventuelles menaces sanitaires, orienter les politiques de santé publique et garantir la transparence des procédures funéraires.

Le phénomène mérite également d’être examiné au-delà de Lamadji. D’autres sites d’inhumation, notamment celui de Toukra, pourraient fournir des éléments complémentaires pour apprécier l’ampleur réelle de la situation. Toutefois, aucune comparaison sérieuse ne peut être établie sans données vérifiables.

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que les décès observés présentent une cause commune, qu’ils sont liés à une épidémie ou qu’ils révèlent une situation sanitaire exceptionnelle. Seules des informations officielles et des investigations appropriées permettraient d’établir les faits.

Mais le constat rapporté à Lamadji suffit à poser une question fondamentale : comment garantir une connaissance fiable des causes de décès si certains corps sont inhumés sans constat médical préalable ?

Les familles endeuillées ont droit au respect et à la dignité. La population, elle, a droit à une information sanitaire fiable. Quant aux autorités, elles ont la responsabilité de vérifier les faits, de communiquer des données précises et de dissiper les inquiétudes par des réponses concrètes.

À Lamadji, l’urgence n’est donc pas de tirer des conclusions hâtives, mais de comprendre ce qui se passe réellement. Car derrière le nombre d’inhumations observées se dessine une préoccupation majeure de société : celle de la surveillance des décès, de la protection de la santé publique et du droit de chaque citoyen à une mort constatée et documentée dans le respect des règles en vigueur.

 MBAÏLEDE Trésor

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