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N’Djamena : Descente musclée au carré 5, l’État resserre l’étau sur l’Île de Goré

Le calme habituel du carré 5, sur l’Île de Goré, a été brusquement rompu ce jeudi 23 avril 2026. Une descente conjointe des autorités communales et des forces de défense et de sécurité y a été menée, répondant à une revendication ancienne des habitants de cette zone frontalière du Cameroun, régulièrement exposée aux trafics et aux mouvements suspects.

À la tête de l’opération, le maire du 1er arrondissement, Djamal Yaya Moussa, accompagné du Sous-directeur de la police de l’Air et des Frontières, le commissaire Lougmane Haggard. Ensemble, ils sont venus constater les réalités du terrain et annoncer une mesure très attendue : l’installation prochaine d’un poste de police au cœur du carré 5.

Face à une foule mobilisée, le maire a d’abord transmis les salutations des plus hautes autorités du pays, notamment celles du Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno. Un geste symbolique, mais lourd de sens : celui d’un État qui entend se montrer plus présent dans ses zones périphériques, longtemps vulnérables aux défis sécuritaires.

Mais c’est l’annonce tant espérée qui a retenu l’attention :
« Ce que vous avez demandé lors des campagnes devient aujourd’hui une réalité », a lancé le maire, promettant l’implantation d’un poste de police destiné à renforcer le contrôle des flux de biens et à lutter contre les trafics illicites.

Le commissaire Lougmane Haggard a rappelé l’importance d’une collaboration étroite entre les habitants et les forces de sécurité.
« La sécurité est une affaire de tous », a-t-il martelé, exhortant les résidents à signaler tout mouvement suspect et à ne pas céder à la peur face aux réseaux illicites.

L’objectif est clair : instaurer un climat de confiance, renforcer la surveillance et couper l’herbe sous le pied aux trafiquants profitant de la proximité de la frontière camerounaise.

Mais la sécurité n’a pas été le seul sujet de préoccupation. Le chef de carré a soulevé un problème tout aussi crucial : la situation dramatique de l’unique école du secteur.
Les locaux sont actuellement occupés par des sinistrés, et l’établissement manque cruellement d’enseignants, privant les enfants de leur droit fondamental à l’éducation.

Une doléance entendue. Le maire s’est engagé à relancer officiellement les activités scolaires dès la prochaine rentrée et à solliciter l’affectation d’enseignants par les services compétents.

Entre promesses sécuritaires et engagement social, cette descente marque une inflexion notable dans la manière dont l’État et la municipalité souhaitent désormais gérer les défis du carré 5.

La présence des autorités, la fermeté du discours et les annonces concrètes traduisent une volonté assumée : rapprocher l’administration des citoyens et répondre, enfin, à des attentes longtemps formulées.

Reste désormais à passer de l’annonce à l’action. C’est sur la durabilité des mesures prises que se jouera la confiance retrouvée entre la population du carré 5 et les pouvoirs publics.

MBAÏLEDE Trésor

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