Sur onze boulangeries inspectées par l’Agence tchadienne de normalisation, seules deux se sont révélées conformes aux exigences réglementaires. Une opération qui remet au premier plan la question du pouvoir d’achat et du respect des droits des consommateurs.
Le pain, aliment incontournable du quotidien de nombreux ménages tchadiens, est désormais dans le viseur des services de contrôle. À N’Djamena, l’Agence tchadienne de normalisation (ATNOR) a renforcé sa présence sur le terrain pour vérifier si les boulangeries respectent les normes relatives au poids du pain et à la fiabilité des instruments de pesage.
Menée ce mercredi, cette opération de contrôle métrologique a ciblé plusieurs établissements de la capitale. L’objectif est clair : s’assurer que le pain vendu aux consommateurs respecte le poids réglementaire de 150 grammes et que les balances utilisées dans les commerces sont conformes aux exigences en vigueur.
Les premiers résultats de cette campagne mettent en évidence un niveau de conformité particulièrement faible. Sur les onze boulangeries inspectées, seules deux respectaient la réglementation. Les neuf autres établissements ne satisfaisaient donc pas pleinement aux exigences vérifiées par les équipes de contrôle.
Ce constat soulève des interrogations sur les pratiques de pesage dans le secteur de la boulangerie et sur les garanties offertes aux consommateurs. Pour les ménages, chaque gramme compte : lorsque le poids du pain ne correspond pas à la norme annoncée, c’est l’équilibre entre le prix payé et la quantité réellement obtenue qui se trouve compromis.
Face aux irrégularités relevées, les responsables des établissements concernés ont été rappelés à leurs obligations et convoqués à une réunion. Les manquements constatés sont susceptibles d’entraîner les sanctions prévues par la réglementation.
Au-delà de la simple vérification technique, cette initiative touche directement à la protection du consommateur. Dans un contexte où les dépenses quotidiennes pèsent sur les budgets familiaux, le respect du poids réglementaire constitue un enjeu de transparence commerciale et d’équité.
L’ATNOR entend ainsi rappeler aux professionnels que la vente du pain ne saurait se soustraire aux règles encadrant les transactions commerciales. Le contrôle des balances et la vérification du poids permettent notamment de prévenir les pratiques susceptibles de léser les acheteurs.
Cette démarche vise également à responsabiliser les acteurs du secteur, en les invitant à se conformer aux normes applicables et à garantir des conditions de vente transparentes.
L’opération menée à N’Djamena ne devrait pas rester isolée. L’ATNOR annonce une intensification des contrôles métrologiques dans la capitale, avec une extension progressive à d’autres villes du pays.
Le défi sera désormais de maintenir cette surveillance dans la durée, d’assurer le suivi des établissements épinglés et de veiller à l’application effective des mesures prévues par les textes. Car au-delà des inspections ponctuelles, c’est la régularité des contrôles qui permettra d’ancrer durablement le respect des normes dans les pratiques commerciales.
En plaçant le poids du pain sous surveillance, l’ATNOR entend faire respecter une exigence essentielle : que chaque consommateur obtienne la quantité correspondant à ce qu’il achète. Les résultats de cette première opération d’envergure rappellent toutefois que des efforts importants restent nécessaires pour garantir le respect des règles dans les boulangeries de la capitale.
MBAÏLEDE Trésor
