Dans un contexte de tensions diplomatiques inédites, le général Ibro Amadou, chef d’état-major particulier du président de la transition, a semblé annoncer une rupture dramatique avec la France lors d’un rassemblement massif au stade de Niamey. « Sachez-le ! On va rentrer en guerre avec la France ! », aurait-t-il déclaré devant des milliers d’étudiants et d’élèves, selon des témoins. À ce jour, cette annonce n’a pas été confirmée par des sources officielles internationales.
Depuis le coup d’État de juillet 2023 qui a porté le général Abdourahamane Tiani à la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), les relations entre Niamey et Paris se sont fortement détériorées. Le Niger a retiré ses forces de la Francophonie, expulsé les troupes françaises et accusé la France de néocolonialisme et d’ingérences. De son côté, Paris a fermé son ambassade et finalisé le retrait de ses militaires présents dans le Sahel.
La tension a été exacerbée par une attaque fin janvier 2026 sur la base aérienne de l’aéroport international Diori Hamani. Le président Tiani a accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’être derrière l’assaut, sans preuves indépendantes. Dans ce contexte, le discours du général Amadou vise clairement à mobiliser la jeunesse nigérienne et à affirmer une souveraineté nationale face à des puissances étrangères jugées « menaçantes ».
Si ces propos devaient se traduire par des actes militaires, les répercussions seraient considérables pour la stabilité du Sahel, déjà fragilisée par les violences djihadistes et l’instabilité politique. Pour l’heure, la France et ses partenaires occidentaux privilégient la diplomatie, tout en exprimant leur inquiétude face à cette montée de rhétorique belliqueuse.
Cette déclaration encore non officialisée illustre à la fois la profondeur de la crise nigéro-française et le rôle de plus en plus stratégique de la jeunesse dans la communication politique du pouvoir militaire. Elle reste surtout un message interne puissant et un avertissement aux partenaires étrangers.
La Rédaction
