Sortir de la logique de l’urgence pour construire durablement la résilience. C’est l’ambition affichée ce mardi à Abéché, où le président du Conseil provincial du Ouaddaï par intérim, Ilyas Haroun Matar, a présidé une rencontre consacrée à l’approche Nexus humanitaire, paix et développement.
Autour de la table : les responsables des organisations humanitaires et de développement présentes dans la province, ainsi que les chefs des services déconcentrés de l’État. Une mobilisation qui traduit la volonté des différents acteurs de renforcer la coordination et de mieux harmoniser leurs interventions au profit des populations.
Cette rencontre mensuelle se veut désormais un espace stratégique de dialogue, de concertation et de suivi des actions engagées dans la province. Elle permet notamment de faire le point sur les initiatives en cours, d’identifier les défis persistants et de dégager des pistes communes pour accélérer le développement du Ouaddaï.
Dans son intervention, Ilyas Haroun Matar a insisté sur la portée de l’approche Nexus, présentée comme une nouvelle dynamique de collaboration entre l’État et ses partenaires.
L’objectif est clair : ne plus considérer séparément l’aide humanitaire, les efforts de consolidation de la paix et les programmes de développement, mais les inscrire dans une vision complémentaire et cohérente.
Pour les autorités provinciales, cette démarche doit permettre de mieux répondre aux besoins immédiats des populations tout en s’attaquant aux vulnérabilités structurelles qui fragilisent les communautés. La paix, la résilience et le développement apparaissent ainsi comme les trois piliers d’une même stratégie.
La rencontre a également permis aux participants de prendre connaissance des projets de résilience actuellement mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial (PAM) en faveur des réfugiés et des populations hôtes.
Ces initiatives illustrent concrètement la nécessité d’articuler l’assistance aux personnes vulnérables avec des actions capables de renforcer durablement les capacités des communautés locales.
Dans une province confrontée à d’importants défis humanitaires et socio-économiques, la question de la coexistence entre réfugiés et populations hôtes constitue en effet un enjeu majeur. Le renforcement de la résilience locale apparaît dès lors comme un levier essentiel pour préserver la cohésion sociale et favoriser un développement plus inclusif.
À travers cette rencontre, les acteurs présents à Abéché entendent donc franchir un cap : celui d’une action mieux coordonnée, davantage ancrée dans les réalités locales et tournée vers des résultats durables.
L’approche Nexus ambitionne ainsi de créer des passerelles entre les différentes interventions, afin que l’aide d’urgence puisse progressivement ouvrir la voie à la résilience, à la paix et au développement.
Pour le Ouaddaï, l’enjeu dépasse donc la simple coordination institutionnelle. Il s’agit de construire une réponse collective capable d’accompagner les populations dans la durée et de transformer les défis humanitaires en opportunités de stabilité et de développement.
MBAÏLEDE Trésor
