Ce lundi dans la capitale économique de l’Est tchadien, le discours politique prend un tournant inédit. En marge de la mission de restructuration des organes de base du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) dans la province du Ouaddaï, l’Union Nationale des Commerçants du MPS (UNC-MPS) a placé les opérateurs économiques au centre de sa stratégie de refondation.
Réunis dans un hôtel d’Abéché, près d’une centaine de commerçants et investisseurs ont répondu à l’invitation de Mahamat Saleh Abdeldjelil, président de l’UNC-MPS et mandataire du parti. Autour de la table figuraient également le président de la Chambre de Commerce provinciale, Adoud Didan Mourra, et le président du Conseil provincial, Youssouf Mahamat Youssouf, témoignant de l’importance accordée à cette rencontre.
Carrefour commercial aux portes du Soudan, de la Libye et de la RCA, le Ouaddaï occupe une place névralgique dans l’économie nationale. C’est dans ce contexte que l’UNC-MPS a affiché trois priorités : écouter sans filtre les préoccupations du secteur privé, présenter ses réformes internes et mobiliser les acteurs économiques autour de la vision du chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, inscrite dans le programme « Tchad Connexion 2030 ».
Dès l’ouverture, Mahamat Saleh Abdeldjelil a salué le « consensus historique » obtenu par les cadres provinciaux lors de la restructuration des instances locales du MPS, évoquant une unité retrouvée et un cap maintenu.
Mais le message le plus marquant fut celui d’une rupture assumée avec les pratiques du passé.
« Très souvent, on ne sollicite les commerçants que pendant les campagnes. Rarement pour les écouter. Avec la vision refondatrice du Président de la République, nous changeons de paradigme », a-t-il déclaré, promettant une intégration structurelle du secteur privé dans la dynamique du parti.
Parmi les mesures annoncées : un recensement national des membres de l’Union afin d’établir une cartographie précise des forces économiques affiliées, la modernisation des mécanismes de coordination entre le parti et les entrepreneurs, ainsi qu’un meilleur alignement des priorités provinciales sur la stratégie nationale de diversification.
Dans une région où le commerce transfrontalier façonne la vie économique, les attentes sont pragmatiques : sécurisation des corridors, accès au financement, amélioration du climat des affaires.
La rencontre d’Abéché s’apparente ainsi à un test grandeur nature pour le MPS. Au-delà des déclarations, la crédibilité de cette main tendue dépendra de sa traduction en mesures concrètes.
Dans le Ouaddaï, le signal est clair : le dialogue est ouvert. Reste à voir s’il marquera durablement un changement de méthode dans la gouvernance politique et économique du parti au pouvoir.
La Rédaction



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