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Ouaddaï : le SET brandit la menace d’une grève illimitée contre le Gouvernement

Le climat social dans le secteur éducatif tchadien s’annonce à nouveau tendu. Le Bureau Exécutif Provincial du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) du Ouaddaï a publié, ce mardi 26 août, un communiqué musclé dénonçant ce qu’il qualifie de « mauvaise foi » du Gouvernement dans le respect de ses engagements.

Selon le communiqué, les accords signés depuis le 09 janvier 2020 entre le Gouvernement et la plateforme syndicale, dont le SET, n’ont jamais été pleinement appliqués. Pourtant, le syndicat affirme que ses représentants ont fait preuve de bonne volonté et consenti à plusieurs concessions afin de préserver un climat social apaisé dans le secteur éducatif.

Malgré cela, « plusieurs engagements essentiels » demeurent lettre morte, et le pacte social triennal conclu entre les deux parties est arrivé à expiration le 31 octobre 2024 sans aucune avancée significative.

Dans son communiqué, le SET provincial du Ouaddaï alerte sur les conséquences directes de cette situation. Le syndicat prévient que le non-respect des engagements pris pourrait sérieusement compromettre la rentrée pédagogique 2025-2026, prévue le 1er octobre prochain sur l’ensemble du territoire provincial.

« Le Gouvernement porte l’entière responsabilité de ce blocage », martèle le communiqué, en précisant que les enseignants du Ouaddaï ne sauraient entamer une nouvelle année scolaire dans les mêmes conditions de précarité.

Le ton est monté d’un cran : le SET du Ouaddaï indique que cette déclaration fait office de préavis de grève sèche et illimitée. Le syndicat appelle d’ores et déjà ses militants à rester « sereins et mobilisés » en prévision de futures actions syndicales d’ampleur.

Cette annonce laisse planer la menace d’un nouveau bras de fer entre enseignants et autorités tchadiennes. Dans un pays où le système éducatif traverse déjà de multiples crises, une grève illimitée dans une province stratégique comme le Ouaddaï risquerait d’accentuer les fragilités du secteur.

Si le mouvement venait à être lancé, ses répercussions ne se limiteraient pas à la seule province du Ouaddaï. Le SET, organisation syndicale influente et fortement implantée dans plusieurs régions, pourrait entraîner dans son sillage d’autres structures locales. Le risque d’un effet domino sur l’ensemble du système éducatif tchadien n’est donc pas à écarter.

Face à cette menace, la balle est désormais dans le camp du Gouvernement, appelé à rouvrir rapidement le dialogue social avec les enseignants afin d’éviter une nouvelle paralysie des écoles.

La Rédaction

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