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Ouganda : Kampala signe un accord avec Washington sur l’accueil de migrants

Après le Rwanda, l’Eswatini et le Soudan du Sud, l’Ouganda rejoint la liste des pays africains ayant conclu un accord migratoire avec l’administration de Donald Trump. Déjà premier pays d’accueil de réfugiés en Afrique, l’Ouganda s’apprête à recevoir des migrants transférés par les États-Unis, sous conditions.

Ce jeudi 21 août, le gouvernement ougandais a officialisé la signature d’un accord avec les États-Unis concernant l’accueil de migrants. Cette annonce intervient dans le sillage d’initiatives similaires prises par d’autres pays africains comme le Rwanda, l’Eswatini ou encore le Soudan du Sud.
Selon les termes de l’accord, l’Ouganda accepte de recevoir des migrants envoyés par Washington, mais dans le respect de certaines conditions encore tenues confidentielles.

L’objectif affiché par l’administration Trump est de réduire la pression migratoire aux frontières américaines, en redirigeant certains migrants vers des pays partenaires.

L’Ouganda n’est pas un acteur nouveau en matière d’hospitalité migratoire. D’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le pays héberge déjà plus de 1,7 million de réfugiés, principalement en provenance du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo et du Burundi.
Considéré comme un modèle sur le continent, Kampala applique une politique relativement ouverte : droit au travail, liberté de circulation et accès aux terres agricoles pour de nombreux réfugiés.

Cet accord avec Washington pourrait cependant accroître la pression sur les capacités d’accueil et sur un système humanitaire déjà fragilisé par des besoins financiers chroniquement sous-évalués.

La décision ougandaise s’inscrit dans un contexte de coopération renforcée entre Kampala et Washington.
Pour le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis plus de trois décennies, l’accord peut apparaître comme un moyen de consolider le soutien diplomatique et économique des États-Unis, notamment en matière d’aide humanitaire et de sécurité régionale.

Côté américain, l’initiative illustre la volonté de l’administration Trump de conclure des arrangements bilatéraux avec des pays tiers pour gérer les flux migratoires, stratégie déjà expérimentée en Amérique centrale.

Avec cette décision, l’Ouganda se positionne comme un partenaire clé de la politique migratoire américaine en Afrique. Mais l’accord pose plusieurs questions : combien de migrants seront concernés ? Quelles garanties Washington apportera-t-il en termes de financement et de suivi ? Et surtout, comment ce nouvel engagement influencera-t-il la gestion déjà complexe des réfugiés dans le pays ?

En attendant plus de précisions, l’Ouganda se retrouve à la croisée des chemins : entre tradition d’hospitalité, réalités socio-économiques et enjeux géopolitiques.

La Rédaction

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