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Ouganda : Yoweri Museveni, 81 ans, candidat à un septième mandat et grand favori d’une présidentielle sous tension

Quarante années presque jour pour jour après avoir pris les rênes de l’Ouganda, Yoweri Museveni semble prêt à prolonger encore un règne déjà parmi les plus longs du continent africain. À 81 ans, le chef de l’État a confirmé sa candidature pour un septième mandat, transformant une nouvelle fois l’élection présidentielle qui a lieu le 15 janvier 2026 en un rendez-vous où le suspense politique paraît bien mince.

Depuis 1996, Museveni a remporté toutes les élections avec au moins 60 % des suffrages, consolidant au fil des scrutins une domination politique difficile à contester. Celui qui fut, dans les années 1960, un leader étudiant charismatique devenu chef de guérilla contre les dérives autoritaires d’Idi Amin, dirige aujourd’hui un pays où l’opposition peine à faire entendre sa voix.

À la tête du pays depuis 1986, Museveni défend l’idée qu’il est le garant de la stabilité et du développement économique de l’Ouganda. Pourtant, cette nouvelle candidature attire l’attention sur un autre enjeu : l’ascension politique fulgurante de son fils, le général Muhoozi Kainerugaba.

À 49 ans, l’officier, longtemps à la tête des forces terrestres, multiplie les apparitions publiques, les déclarations politiques et les signaux qui laissent penser qu’il pourrait être l’héritier désigné du « raïs ». Une perspective ouvertement assumée par Museveni, qui loue les « qualités de leadership » de son fils.
Pour les observateurs, la famille présidentielle cherche à verrouiller une succession dynastique dans un pays officiellement attaché au multipartisme.

Cette présidentielle, comme les précédentes, s’ouvre dans un contexte que dénoncent régulièrement organisations de défense des droits humains et institutions internationales. L’ONU a fait part de ses préoccupations profondes face à ce qu’elle décrit comme un climat de répression accrue des opposants, arrestations arbitraires, entraves à la liberté de la presse et intimidations.

Les principales figures de l’opposition, souvent empêchées de tenir des meetings, accusent le régime de verrouiller l’espace politique. Les autorités, elles, rétorquent qu’elles ne font qu’assurer l’ordre public et prévenir d’éventuelles violences électorales.

Malgré ces critiques, Museveni reste populaire auprès d’une partie importante de la population, notamment rurale, où ses politiques agricoles et ses programmes de développement infrastructurel trouvent un écho favorable. Mais l’Ouganda de 2026 n’est plus celui des années 1980 :

  • 75 % des Ougandais ont moins de 30 ans,
  • Une jeunesse urbaine, connectée, davantage sensible à la corruption et au chômage qu’aux récits historiques de la lutte armée.

Cette génération réclame un renouvellement de la classe politique, un renouvellement qui tarde à venir.

Alors que la campagne est ouverte, une certitude domine : le président sortant part largement favori. Les défis, eux, s’accumulent : assurer la stabilité, moderniser une économie secouée par les crises mondiales, apaiser les tensions politiques et préparer une succession qui ne fracturerait pas le pays.

Museveni, fidèle à sa stratégie de longévité, entend montrer qu’il demeure l’homme fort de l’Ouganda.


Reste à savoir si les urnes confirmeront, encore une fois, une victoire annoncée ou si la société ougandaise finira par demander que tourne enfin la page d’un règne qui dure depuis près de quatre décennies.

La Rédaction

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