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Paludisme : N’Djamena passe à l’offensive, le PNLP lance une vaste campagne de pulvérisation dans les dix arrondissements

La lutte contre le paludisme change de rythme dans la capitale tchadienne. Le ministère de la Santé publique et de la Prévention, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a officiellement lancé ce samedi 12 septembre 2026 la campagne de pulvérisation intradomiciliaire (PID), une opération de grande ampleur destinée à réduire la transmission de la maladie dans les dix arrondissements de N’Djamena.

La cérémonie de lancement, organisée dans les locaux de la commune du 1er arrondissement, marque le coup d’envoi de la cinquième édition de cette campagne dans la capitale. L’objectif affiché est ambitieux : atteindre au moins 80 % des ménages de N’Djamena et contribuer à faire reculer l’incidence du paludisme au cours des trois prochains mois.

Face à une maladie qui continue de peser lourdement sur le système de santé, les autorités misent sur une stratégie de proximité. Plus de 1 500 acteurs, parmi lesquels des agents pulvérisateurs, des superviseurs et des mobilisateurs communautaires formés, seront déployés sur le terrain.

Le dispositif repose sur une approche simple mais massive : aller de porte en porte pour traiter les habitations et atteindre le maximum de foyers.

La pulvérisation intradomiciliaire consiste à appliquer un insecticide à effet rémanent sur les murs intérieurs des habitations. L’objectif est de neutraliser les moustiques vecteurs du paludisme lorsqu’ils viennent se poser sur les surfaces traitées.

Pour le ministère de la Santé publique, cette intervention constitue donc un maillon important d’une riposte qui se veut désormais plus diversifiée et plus offensive.

Les chiffres communiqués lors de la cérémonie donnent la mesure de la menace. Selon les données présentées par la ministre d’État, secrétaire à la Santé publique et de la Prévention, 2 425 000 personnes ont été diagnostiquées positives au paludisme au Tchad en 2025, tandis que 2 554 décès ont été enregistrés.

Des statistiques qui, selon les autorités, imposent d’intensifier les interventions et de renforcer la prévention au-delà de la seule prise en charge des malades.

« Le paludisme continue de demeurer de nos jours un des problèmes majeurs de santé publique », a souligné Dr Mbaîdédj Dékandji Francine, avant de rappeler que les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes figurent parmi les catégories les plus exposées.

Dans cette bataille, le gouvernement entend donc multiplier les fronts.

La pulvérisation intradomiciliaire n’est pas une action isolée. Elle s’inscrit dans un ensemble de mesures préventives prévues au titre de la lutte contre le paludisme.

Trois grandes interventions stratégiques sont notamment mises en avant pour l’année 2026 : la distribution massive de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, la chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 0 à 5 ans, ainsi que la pulvérisation intradomiciliaire.

Le message des autorités est sans ambiguïté : aucune stratégie prise séparément ne peut suffire. La prévention doit être collective, continue et complémentaire.

Au-delà des moyens humains et logistiques mobilisés, la réussite de l’opération dépendra surtout de l’adhésion des ménages.

Le coordonnateur du PNLP, Dr Mahamat Saleh Issakha Diar, a insisté sur la nécessité pour les habitants de faciliter l’intervention des équipes qui se rendront directement dans les concessions.

Même appel du côté du maire du 1er arrondissement, Djamal Yaya Moussa, qui a exhorté les familles à ouvrir leurs portes aux agents formés, à respecter les consignes de sécurité et à collaborer pleinement avec les équipes de terrain.

Pour l’élu, la lutte contre le paludisme dépasse largement le cadre médical. Elle passe également par l’amélioration de l’environnement urbain.

Le maire a rappelé les efforts engagés par sa commune en matière d’assainissement, notamment l’évacuation de plus de 22 000 tonnes d’ordures, le curage de 25 kilomètres de caniveaux, l’acquisition d’engins de ramassage des déchets et le lancement de l’opération citoyenne « Zéro déchet ».

Ces actions doivent contribuer à réduire les conditions favorables à la prolifération des moustiques et compléter les mesures sanitaires engagées par le ministère.

Le combat contre le paludisme se joue ainsi à plusieurs niveaux : dans les centres de santé, dans les quartiers, dans les maisons, mais aussi dans la gestion de l’environnement urbain.

Le ministère tient toutefois à lever toute ambiguïté : la pulvérisation ne signifie pas la fin des autres gestes de prévention.

Dr Mbaîdédj Dékandji Francine a rappelé que la PID ne remplace pas l’utilisation des moustiquaires imprégnées, mais vient renforcer leur efficacité dans la stratégie globale de prévention.

Les ménages sont donc appelés à poursuivre l’utilisation régulière des moustiquaires, notamment pendant le sommeil.

En lançant officiellement cette cinquième campagne de pulvérisation intradomiciliaire à N’Djamena, les autorités veulent franchir un nouveau cap dans la lutte contre le paludisme.

Mais derrière les chiffres, les équipes et les insecticides, une réalité demeure : la réussite de la campagne dépendra de la mobilisation des populations.

Chaque maison traitée représente une occasion supplémentaire de réduire le risque de transmission. Chaque famille qui accepte l’intervention des agents contribue à la protection de sa communauté.

Dans une capitale où le paludisme continue de faire payer un lourd tribut aux familles, la campagne 2026 se présente donc comme une nouvelle offensive contre un ennemi invisible mais meurtrier. Le défi est désormais de transformer la mobilisation institutionnelle en adhésion populaire et, surtout, en baisse réelle des cas de paludisme.

MBAÏLEDE Trésor

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