Un nouveau visage, une trajectoire affirmée, et une ambition clairement affichée : celle de peser davantage dans les équilibres institutionnels africains. Le député tchadien Djidda Mamar Mahamat a officiellement fait acte de candidature au poste stratégique de 3ᵉ Vice-Président du Parlement panafricain. Une annonce solennelle portée à la connaissance des parlementaires le 13 avril 2026 par Ali Kolotou Tchaïmi, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale tchadienne.
Derrière cette candidature se dessine un parcours sans éclat tapageur mais jalonné de responsabilités clés. Formé en finance et comptabilité à Alger, Djidda Mamar Mahamat a d’abord construit une expertise technique solide, avant de l’adosser à une pratique politique de terrain. Depuis 2011, il siège au Parlement tchadien, où il occupe aujourd’hui les fonctions de Questeur, un poste stratégique au cœur de la gestion budgétaire.
Cette double compétence, technique et politique, lui a permis de s’imposer progressivement comme un acteur crédible, à l’aise aussi bien dans les arcanes financiers que dans les négociations institutionnelles.
Mais c’est surtout sur la scène continentale que le candidat a affûté son influence. Membre du Parlement panafricain depuis 2013, il y a accumulé une expérience significative, notamment en tant que 4ᵉ Vice-Président. Une fonction qui lui a offert une vue d’ensemble des enjeux internes de l’institution et des défis qui entravent encore son efficacité.
Son engagement ne s’est pas limité aux fonctions protocolaires. À la tête du Caucus des jeunes parlementaires entre 2015 et 2018, il a porté la voix d’une génération en quête de représentation et d’impact politique réel, contribuant à inscrire la question de la jeunesse au cœur des débats panafricains.
Avec le slogan « Pour un Parlement panafricain refondé, crédible, respecté et au service des peuples africains », Djidda Mamar Mahamat ne se contente pas de briguer un poste : il propose une orientation. Celle d’une institution plus influente, capable de dépasser son rôle consultatif pour devenir un véritable levier d’intégration continentale.
Sa feuille de route s’articule autour de deux piliers : refonder le fonctionnement du Parlement panafricain et accélérer les dynamiques de transformation économique en Afrique.
Au-delà des mots, le programme esquissé se veut en phase avec les urgences du continent. Il met notamment en avant la consolidation de la Zone de libre-échange continentale africaine, levier clé pour stimuler les échanges intra-africains, ainsi que le soutien à l’industrialisation, condition indispensable à une croissance durable.
La transition énergétique, la question d’une monnaie unique, la libre circulation des personnes ou encore la lutte contre l’insécurité figurent également parmi ses axes majeurs. À cela s’ajoutent des engagements en faveur de l’innovation, de la jeunesse et de l’autonomisation des femmes autant de chantiers structurants pour l’avenir africain.
Cette candidature intervient dans un contexte où le Parlement panafricain cherche à renforcer sa légitimité et son influence au sein de l’architecture de l’Union africaine. Pour Djidda Mamar Mahamat, l’enjeu dépasse donc la conquête d’un poste : il s’agit de contribuer à redéfinir le rôle même de l’institution.
Reste à savoir si cette expérience accumulée et cette vision ambitieuse suffiront à convaincre ses pairs. Dans les couloirs du Parlement panafricain, une certitude s’impose déjà : la bataille pour les postes de vice-présidence s’annonce aussi politique que stratégique.
La Rédaction
