Présidentielle en Guinée : neuf candidats retenus, dont le Président de la Transition Mamadi Doumbouya
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Présidentielle en Guinée : neuf candidats retenus, dont le Président de la Transition Mamadi Doumbouya

La Cour suprême de Guinée a publié récemment, la liste provisoire des neuf candidats autorisés à participer à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain, un scrutin crucial censé marquer la fin de la transition militaire ouverte il y a quatre ans.

Parmi les personnalités retenues figure le général Mamadi Doumbouya, 40 ans, actuel président de la transition, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021 après avoir renversé Alpha Condé. Malgré sa promesse initiale de restituer le pouvoir à un régime civil, le Président de la transition a officiellement déposé sa candidature lundi dernier, mettant ainsi fin à des mois de spéculations.

Sur les 51 dossiers enregistrés, seuls neufs ont été validés par la Cour suprême, dont sept portés par des partis politiques. Les deux autres, parmi lesquels celui de Mamadi Doumbouya, se présentent en indépendants. Le second candidat indépendant, Mohamed Chérif Tounkara, s’est dit « très honoré » d’avoir été retenu, promettant de « montrer ce qu’il sait faire » lors de la campagne.

La liste publiée par la Cour suprême ne comporte pas plusieurs figures majeures de la scène politique guinéenne. Les candidatures de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté et de l’ex-ministre Ousmane Kaba ont été rejetées, tout comme celle de Cellou Dalein Diallo, opposant historique actuellement en exil.

L’opposition devra donc se rassembler autour de figures moins connues du grand public, telles que Faya Lansana Millimono, critique virulent de la junte. « Nous sommes prêts à faire entendre une autre voix, celle du peuple et du changement », a-t-il déclaré peu après l’annonce.

Pour de nombreux Guinéens, ce scrutin représente bien plus qu’une simple élection : il doit acter la fin de la transition militaire et ouvrir la voie à un retour durable à l’ordre constitutionnel. Quatre ans après le putsch de 2021, la communauté internationale et la société civile attendent un processus électoral transparent et inclusif.

Les candidats recalés disposent de 72 heures pour faire appel. La Cour suprême aura ensuite 48 heures pour examiner les recours et publier la liste définitive, attendue le 13 novembre.

Dans un pays marqué par une longue histoire de coups d’État et de régimes autoritaires, la présidentielle du 28 décembre sera déterminante pour l’avenir institutionnel de la Guinée. Si Mamadi Doumbouya venait à l’emporter, il deviendrait le premier chef de junte à se faire élire président depuis la transition de 2021 une perspective qui divise profondément la classe politique et suscite la vigilance des partenaires internationaux.

La Rédaction

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