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Putsch manqué au Bénin : Patrice Talon réapparaît et affirme avoir « rétabli l’ordre »

Le Bénin a vécu, dimanche, une journée sous haute tension après une tentative de renversement du président Patrice Talon. Quelques heures après l’apparition de militaires putschistes sur la télévision nationale, le chef de l’État est finalement apparu à l’antenne dans une allocution au ton résolument inflexible, annonçant que les forces loyales avaient « repris le contrôle de tous les sites stratégiques » et neutralisé les dernières « poches de résistance » parmi les mutins.

Selon le président, les éléments impliqués dans cette tentative de soulèvement ont quitté leurs positions en emportant des otages. Il a également confirmé que des victimes étaient à déplorer, sans toutefois révéler leur nombre ni leur identité. Malgré ces zones d’ombre, Patrice Talon a assuré que la situation était désormais « parfaitement maîtrisée » et a invité la population à reprendre « dès ce soir » le cours normal de ses activités.

Cette attaque survient à quelques mois de la fin du second mandat de Patrice Talon, à la tête d’un pays souvent cité pour sa stabilité institutionnelle mais confronté à des attaques djihadistes dans sa partie septentrionale. L’Afrique de l’Ouest traverse une période marquée par une succession de coups d’État notamment au Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée et plus récemment Guinée-Bissau, fragilisant l’équilibre politique régional.

Au Bénin, la tentative de putsch a débuté au petit matin par des échanges de tirs à proximité du palais présidentiel. Peu après, un groupe de militaires est apparu sur la télévision publique, annonçant la déchéance du chef de l’État et justifiant leur action par une prétendue dérive sécuritaire et un recul des libertés. Leur annonce a rapidement été contredite par les forces gouvernementales, qui ont repris la main dans la journée.

Dans un communiqué, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a « condamné avec la plus grande fermeté » cette initiative jugée « anticonstitutionnelle » et « attentatoire à la volonté souveraine du peuple béninois ». L’organisation sous-régionale a averti qu’elle tiendrait les auteurs du complot pour « pleinement responsables » des pertes humaines et matérielles résultant de leur action.

La Cédéao a également annoncé qu’elle était prête à activer sa force régionale en attente pour soutenir les autorités béninoises et préserver l’intégrité territoriale du pays.

Dans son adresse, Patrice Talon a salué le professionnalisme des unités loyalistes, notamment la garde républicaine, soulignant que la Nation « a fait front » face à une attaque d’une « gravité exceptionnelle ». Le président a promis que les instigateurs de ce soulèvement seraient retrouvés et traduits en justice : « Cette forfaiture ne restera pas impunie. »

À Cotonou, la vie reprenait progressivement son cours en soirée, malgré une présence sécuritaire renforcée autour des bâtiments officiels.

La Rédaction

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