Faustin Archange Touadéra a été déclaré élu dès le premier tour de la présidentielle du 28 décembre 2025 avec 76,15 % des voix, selon les résultats provisoires annoncés dans la nuit de lundi à mardi par l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Le président de l’ANE, Mathias Barthélemy Morouba, a ainsi proclamé Touadéra vainqueur pour les sept prochaines années, déclenchant des scènes de liesse au quartier général du Mouvement Cœur Uni.
Le chef de l’État sortant s’est dit « heureux » de cette victoire et a salué la « maturité » du peuple centrafricain :
« Je voudrais remercier le peuple centrafricain qui a montré son engagement pour la démocratie en organisant quatre scrutins. Qui eût cru que cela pouvait être organisé de cette manière ? »
Face à cette annonce, l’opposition conteste fermement les résultats. Anicet Georges Dologuélé, crédité de 14,66 %, rejette les chiffres de l’ANE et s’est même déclaré vainqueur :
« Je n’ai pas à reconnaître les résultats de quelqu’un qui n’a pas gagné. Je reconnais les résultats qui me proclameront vainqueur. »
De son côté, Henri Marie Dondra demande l’annulation pure et simple du scrutin, dénonçant de « fraudes massives ». Selon lui, de graves irrégularités ont été constatées : absence des mandataires de l’opposition dans de nombreux bureaux, difficultés d’accès, augmentation « indue » du nombre de bureaux de vote ou encore procès-verbaux « pré-remplis ». Un appel lancé, affirme-t-il, « au nom de la paix ».
Cette victoire proclamée mais fortement contestée ouvre la voie à des recours électoraux et ravive le souvenir des élections de 2011, elles aussi marquées par une vive contestation de l’opposition démocratique. La crise post-électorale pourrait à nouveau fragiliser un paysage politique centrafricain déjà sous tension.
La Rédaction



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