Le 22 août, la Haute cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a tenu une audience historique. Le ministère public y a demandé la peine de mort contre l’ancien président Joseph Kabila (au pouvoir de 2001 à 2019), jugé par contumace puisqu’il vit à l’étranger.
Il est accusé d’avoir joué un rôle clé dans les violences qui ravagent l’Est du pays, en particulier à travers ses liens supposés avec le M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda.
Le parquet retient plusieurs charges extrêmement graves contre l’ex-chef de l’État :
- Crimes de guerre : pour les exactions attribuées au M23 ;
- Trahison : pour avoir, selon l’accusation, collaboré avec une force étrangère au détriment de la souveraineté du pays ;
- Organisation d’une insurrection : pour son rôle présumé de soutien politique et logistique au M23.
En plus de la peine de mort, les procureurs réclament aussi :
- 20 ans de prison pour apologie de crimes de guerre ;
- 15 ans de prison pour complot.
C’est la première fois dans l’histoire récente du Congo qu’un ancien président fait face à de telles poursuites. Kabila, qui a dirigé le pays pendant 18 ans, garde encore une grande influence politique et des alliés puissants dans l’armée comme au Parlement.
Un verdict défavorable pourrait donc provoquer de fortes secousses dans le paysage politique national, déjà fragilisé par les violences récurrentes à l’Est et les tensions avec le Rwanda.
La Haute cour militaire doit rendre sa décision dans les semaines à venir. Quelle qu’elle soit, ce procès restera un moment marquant pour la RDC, symbole d’une volonté affichée de lutter contre l’impunité dans un pays meurtri par des décennies de conflits.
La Rédaction