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Répression autour d’une commémoration : le GCAP accuse le pouvoir tchadien d’étouffer toute voix dissidente

Le Groupe de concertation des Acteurs politiques (GCAP) fulmine. Dans une déclaration rendue publique le 1ᵉʳ mars, la coalition affirme que le régime du Mahamat Idriss Déby Itno et le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) ont mobilisé un important dispositif sécuritaire, le 28 février, pour neutraliser une journée de commémoration consacrée à Yaya Dillo Djérou Betchi, figure de l’opposition qualifiée de « martyr de la liberté » par ses partisans.

L’événement, prévu dans un espace commercial et annoncé deux jours plus tôt, devait rendre hommage aux « martyrs de la liberté » tout en servir de cadre à une évaluation publique du retrait du GCAP de la scène politique.
Mais la coalition raconte avoir fait face à une « armada policière » empêchant tout accès au lieu, sur ordre du ministère de la Sécurité publique. Le GCAP assure que la rencontre ne représentait aucune menace pour l’ordre public et dénonce une interdiction « arbitraire et infondée ».

Dans son communiqué signé par Max Kemkoye, la coalition accuse frontalement le chef de l’État et son parti de vouloir museler toute critique. Le GCAP estime être devenu « l’ennemi numéro un » du pouvoir, incapable, selon lui, « d’affronter la contradiction politique autrement que par la coercition ».

Les responsables de l’opposition dénoncent également l’acharnement des forces de l’ordre contre les dirigeants présents ce jour-là et fustigent un pouvoir qu’ils dépeignent comme « brutal », « amateur » et déterminé à effacer jusqu’au souvenir de leur camarade disparu.
« Après avoir fait taire Yaya Dillo, on veut désormais empêcher qu’on prononce son nom », accuse le mouvement.

Au-delà de l’incident, le GCAP dresse un portrait sombre de la gouvernance actuelle. La coalition cite notamment l’ordonnance du 1ᵉʳ août 2023, perçue comme un mécanisme de prolongation indéfinie d’un état d’urgence de fait.
Elle dénonce une succession d’« enlèvements », « arrestations extrajudiciaires », « perquisitions arbitraires » et même des « assassinats ciblés » visant des acteurs politiques. Le tout dans un contexte marqué par la multiplication des « balles perdues » qui continuent de faucher des civils.

Selon le GCAP, la démocratie serait désormais « morte », confisquée par un système qualifié de « dictature implacable » où seules les activités du parti présidentiel sont tolérées.

La coalition assure avoir évité un « drame » grâce au sang-froid de ses cadres, face à des forces de l’ordre décrites comme « déterminées à en découdre ».
Elle appelle enfin les « patriotes » et la communauté internationale à se tenir aux côtés des « démocrates tchadiens » pour mettre fin à cette « dictature déclarée » en place depuis le 20 avril 2021 et rouvrir la voie aux libertés publiques.

La Rédaction

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